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Site de Payre (Ardèche)

publié le , mis à jour le

Fouilles programmées subventionnées par le Ministère de la Culture (Rhône-Alpes) et le Conseil régional.

Equipe interdisciplinaire : Universités de Bordeaux I, de Lyon, de Lille, de Versailles, de Marseille,Laboratoire du Lazaret, MNHS d’Aix-en-Provence, MNHN, CEA (Gif-sur-Yvette), University of Camberra (Australie), Université de Tarragone (Espagne), Musée Requiem (Avignon), Kenyon College of Gambier (USA).

Le site de Payre est l’un des rares gisements de la moyenne vallée du Rhône datés des stades isotopiques 7 et 5, selon les analyses radiométriques ou paléoenvironnementales. De 1990 à 2002, ce gisement a livré plusieurs niveaux archéologiques distincts (Paléolithique moyen), riches en matériel lithique, faunique et en restes humains.

Les hommes ont occupé une grotte qui s’est effondrée avec le recul du versant. Pourtant, ces hommes sont revenus régulièrement dans ce même lieu alors qu’il n’offrait plus qu’un abri sous roche. Le gisement est situé en bordure de la rive droite de la vallée du Rhône, en position de promontoire. Cette situation paraît avoir attiré fortement les Pré-Néandertaliens puisqu’elle se retrouve à l’identique aux grottes de Soyons.

aspect du niveau archéologique avec restes osseux fragmentés
aspect du niveau archéologique avec restes osseux fragmentés
© MNHN

Trois grandes phases dans l’occupation humaine ont été clairement identifiées à la fouille, avec des indices d’occupations saisonnières. Les comportements de prédation sont orientés vers la chasse du Cerf, du cheval et des Bovinés et la chasse ou le charognage du Rhinocéros. L’étude taphonomique indique un traitement différentiel des espèces dans le cadre d’occupations récurrentes courtes ou d’une occupation annuelle, occupations orientées vers la récupération d’une seule espèce ou exploitation simultanée de plusieurs biotopes. Pour la dernière phase d’occupation D, des séjours hivernaux ont été orientés vers une chasse du Cerf.

Le territoire d’approvisionnement en matières premières lithiques se calque en partie sur celui du gibier. Les hommes ont utilisé lors de toutes les phases d’occupation en priorité du silex (Barrémien et Bédoulien). Selon les premiers résultats des analyses géologiques et pétrographiques, celui-ci vient de la zone de Rochemaure-Meysse située à 10-20 km au sud, et ponctuellement de la vallée du Rhône. D’autres provenances ont également été mises en évidence, sud et est, sur des secteurs plus lointains. Les hommes ont emprunté le réseau hydrographique local, parcouru le plateau et ses versants, récolté également dans la rivière en contrebas des galets de basalte, de quartz et de calcaire. Le quartzite provient en revanche uniquement du Rhône.

nucléus en silex sur éclat
nucléus en silex sur éclat
© MNHN

Deux types de stratégie sont observables :

- du façonnage : sur galets de basalte, quartz et calcaire (environ 15% des assemblages), sur place. Sa part augmente de la base au sommet de la séquence.
- du débitage : sur place sur silex, quartz et calcaire ; sur grands galets de quartzite et basalte à l’extérieur de la cavité.

Les diverses chaînes opératoires observées sur silex, quartz et calcaire se rencontrent dans tous les assemblages et le traitement des matériaux ne se modifie pas au cours du temps. Une chaîne opératoire de débitage principale de type discoïde sur éclats et blocs de silex domine largement plusieurs autres chaînes opératoires secondaires.

L’outillage, que les hommes ont utilisé et abandonné dans le site, est composé de quelques grands types présents sur toute la séquence : grands et nombreux galets entiers et outils sur galets et grands éclats dont le tranchant a été fortement écrasé (basalte, secondairement quartz, calcaire, quartzite), nombreux éclats à longs tranchants et pointes en silex (racloirs et outils convergents), quelques éclats épais en quartz et éclats fins en calcaire (parfois retouchés), quelques grands outils tranchants unifaciaux ou bifaciaux en quartzite, parfois en quartz et basalte (éclats, bifaces, pièces bifaciales). Les traces macroscopiques d’utilisation permettent d’observer plusieurs zones fonctionnelles sur les artefacts (polyvalence des supports).

Pour toutes les occupations, la forte fragmentation des os, la trace fugace d’un foyer non construit, l’usage du feu dans toutes les occupations (os et silex brûlés, résidus de vidanges de foyer ?) et la diversité des angles des tranchants des outils et des pièces brutes utilisées, peuvent faire penser à des activités diversifiées lors d’occupations récurrentes saisonnières.