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Flores au Musée de l’Homme.

par admin - publié le , mis à jour le

A l’occasion de la conférence internationale Human origins patrimony studies in Southeast Asia qui se tiendra au Muséum du 10 au 12 décembre 2007 (Programme européen Asia-Link HOPsea), le Musée de l’Homme inaugurera le 11 décembre la reconstitution d’Homo floresiensis, découvert en 2003 par une équipe indonésienne et australienne dans la grotte de Liang Bua, sur l’île de Flores, en Indonésie orientale.

Ce fossile est-il celui d’un Homo sapiens pathologique, le descendant d’Homo erectus probablement arrivés sur l’île il y a quelque 850 000 ans dont seuls les artefacts lithiques du site de Mata Menge sont parvenus jusqu’à nous, ou bien, comme semble le suggérer une étude récente sur les os du poignet, d’un ancêtre encore plus ancien ?

La reconstitution, commandée pour les collections du Muséum national d’Histoire naturelle, est l’oeuvre d’Elisabeth Daynès, sculpteur en préhistoire. Elle s’est entourée pour ce long travail de l’anthropologue légiste Jean-Noël Vignal, des paléoanthropologues Harry Widianto (Universitas Gadjah Mada Bulaksumur, Yogyakarta, Indonésie) et Dominique Grimaud-Hervé (MNHN), et de ses collaborateurs Céline Verney, Peggy Martin et Théo Jalby.

Au-delà du débat qui s’est instauré dans les milieux spécialisés quant à la position phylogénétique d’Homo floresiensis, cette rencontre avec la femme qui a vécu à Flores au Pléistocène supérieur (datation) est frappante pour le visiteur par la taille réduite du corps et les caractères du crâne et de la face : les parties molles rigoureusement reconstituées soulignent la morphologie du nez, la minceur des lèvres liée à une face projetée en avant, l’absence de menton et la saillie des arcades sourcilières.

Si la couleur de la peau et la pilosité résultent de choix dont les scientifiques ne contestent pas le caractère hypothétique, on apprécie la place que le sculpteur a laissé à l’observation des caractéristiques physiques qui peuvent être reconstituées à partir des données publiées sur le fossile ; on apprécie aussi la place laissée au rêve, puisque les recherches concernant l’environnement et les comportements de cet hominidé ne sont pas encore toutes abouties. Au moment où nous la croisons sur son chemin, la femme de Flores vient de ramasser un bambou sommairement découpé, dont on est libre d’imaginer l’usage qu’elle va en faire.

La reconstitution sera présentée accompagnée de fossiles et d’outils préhistoriques mettant en avant les principales questions posées, depuis les toutes premières découvertes jusqu’aux recherches les plus actuelles, par le peuplement des archipels d’Extrême-Orient.

François Sémah, Directeur du département.