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« Nouvelle approche pour la caractérisation du matériel archéologique : l’analyse d’ADN sur le terrain »

Lundi 19 février 2018, 17h15 (Amphi IPH)

par Daujeard Camille - publié le

« Nouvelle approche pour la caractérisation du matériel archéologique : l’analyse d’ADN sur le terrain » par Jean-Marc Elalouf (MNHN, UMR 7206)

Les recherches en instrumentation mobile ont permis le développement d’appareils de terrain pour les analyses génétiques au chevet du malade ou la recherche d’agents pathogènes dans l’environnement. L’acquisition rapide d’un diagnostic génétique là où les échantillons sont collectés ou conservés est susceptible d’enrichir les pratiques archéologiques et a été testée dans deux configurations. À l’occasion de fouilles à la Grotte Maldidier (Dordogne), nous avons utilisé un prototype du CEA de Grenoble. Cet appareillage, basé sur la technologie microfluidique, est constitué d’un module pour l’extraction d’ADN, et d’un module pour son amplification par PCR en temps réel. Au moyen d’essais quantitatifs mis au point au laboratoire pour l’ADN mitochondrial de carnivores, nous avons montré durant une campagne de fouilles la présence d’ADN d’hyène des cavernes (Crocuta crocuta) dans des fragments de coprolithes pour lesquels aucun diagnostic n’était possible par analyse morphométrique. Cette étude démontre pour la première fois la fréquentation de la Grotte Maldidier par l’hyène des cavernes. Nous avons par ailleurs testé au moyen d’instruments commercialisés les échantillons de deux grottes ariégeoises conservés dans des musées. Au musée de Tautavel, nous avons analysé des coprolithes d’hyène de la Grotte du Portel, ce qui nous a permis d’identifier ceux où l’ADN est préservé. Dans le musée dédié aux cavernes du Volp, nous avons analysé les ossements de grands herbivores chassés par les magdaléniens de la Grotte d’Enlène, et montré la présence récurrente de bison des steppes (Bison priscus). L’analyse d’ADN ancien au moyen d’un appareillage mobile permet ainsi le diagnostic rapide (3h) d’échantillons archéologiques. Cette approche pourrait être utilisée en complément des méthodes de fouilles traditionnelles, et servir à la sélection des échantillons ensuite analysés en laboratoire pour le séquençage de génomes complets.