Nos tutelles

Nos partenaires

Rechercher




Accueil du site > Terrains > Fouilles à l’étranger > Inde

Siwaliks : les homininés du haut bassin de l’Indus depuis le Pliocène.

Recherches et Projets éducatifs-muséographiques

par Germain - publié le , mis à jour le


Découverte d’activités humaines à 2,6 millions d’années dans les piémonts himalayens du nord-ouest de l’Inde (Pandjab)
Direction du programme de recherche, Anne Dambricourt Malassé, parrainage d’Yves Coppens
"Ces traces de découpages de tendons et de viande sont incontestablement artificielles, c’est à dire fait par un être qui a manipulé avec une main (...). c’est incontestable : par l’allure des incisions, par la section des incisions (...).

C’est extrêmement intéressant, extrêmement important (...).

C’est quelque chose de fantastique parce que c’est un record (...). Et c’est toujours intéressant d’avoir un record démontré.

Donc c’est une très belle découverte, une très grande découverte(...).", Yves Coppens, 24 mai 2016, école doctorale du Muséum national d’Histoire naturelle.


Visitez le site web

Localisation de Masol dans les Siwaliks

Partenariat : l’ONG “Society for Archaeological and Anthropological Research”, Territoire Uni, Chandigarh. Président Dr. Mukesh Singh.


Autorisation : Bureau Archéologique de l’Inde, Gouvernement de l’Inde, New Delhi

Financement de la Recherche : UMR7194 CNRS - Département de Préhistoire du Muséum national d’Histoire naturelle, le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International
Financement d’exposition : Le Ministère des Affaires Etrangères de l’Inde, Union Territory Chandigarh et l’Ambassade de France

Plateau du dôme de Masol Plateau du dôme de Masol, localité Masol 1, photo : Dambricourt

Le programme de recherche « Siwaliks » a mis en évidence dans les piémonts himalayens du nord-ouest de l’Inde, les témoins d’une activité humaine datant de la fin du Tertiaire (2,6 Ma)). La découverte est le fruit de plusieurs années de prospection dans les Siwaliks et remonte au printemps 2009 au lieu-dit Masol connu depuis le début du XXème siècle pour sa faune fossile (Fig. 1). Ces témoignages correspondent à des traces de découpes faites par des tranchants de pierre en quartzite encore visibles sur des fossiles de bovidés mêlés à des outils lithiques. La localisation et l’aspect organisé des traces atteste d’une intelligence technique hautement réfléchie attribuée ordinairement au genre Homo, connue jusqu’à présent en Afrique de l’Est à 2,55 Ma (Kada Gona, Ethiopie), soit au tout début du Quaternaire (Fig 2).

Diaphyse tibiale et métapode de bovidé avec des marques de boucherie

Télécharger la démonstration
Download the demonstration

Démonstration
Traces de boucherie

.





Plusieurs espèces de grands singes (Sivapithecus) vivaient vers 8 Ma dans ces régions. Leurs fossiles se retrouvent dans les contreforts de l’Himalaya à 80 km au Nord Est de Masol. Après 8 Ma les couches paléontologiques se raréfient sans doute en raison de la forte compression des couches et ne réapparaissent pas avant la fin du Tertiaire.

De nouvelles questions : qui sont les hominidés de Masol ? D’où viennent-ils ?

Le modèle du peuplement humain de l’Asie a changé au cours des années 1980 avec la découverte d’une nouvelle espèce d’Australopithèque datée de 3,2 Ma en Ethiopie. Le genre Homo serait apparu plus tard et une espèce aurait migré en Asie vers 1,9 Ma. Depuis, les premières traces de boucherie confirmées ont été découvertes en Ethiopie, datées de 3,4 Ma, elles sont plus simples et attribuées à l’Australopithèque de l’Afar (‘Lucy’), tandis que les plus vieux outils lithiques de 3,3 Ma (Lomekwi 3, Kenya) sont rapportés à une espèce voisine. La découverte de Masol repousse donc à 3 Ma au moins, l’émergence d’un hominien contemporain des Australopithèques et proche d’Homo par ses aptitudes psychomotrices. Elle soulève trois questions : i) de quel ancêtre et quand Homo a-t-il émergé, ii) une sortie d’Afrique avant 2,6 Ma était-elle nécessaire puisque la question ne se posait pas pour les autres espèces de Masol, iii) un second foyer d’hominisation est-il concevable en Asie ?

Organisation de la recherche

Les recherches se déroulent en partenariat avec la ‘Society for Archaeological and Anthropological Research’ avec l’accord de l’Archaeological Survey of India (Bureau Archéologique de l’Inde) et le soutien de l’ambassade de France. Le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI) assure le financement de 2012 à 2014.

L’analyse des données se déroule dans le cadre de la « Mission Archéologique Française en Inde » sous la direction d’Anne Dambricourt Malassé, de l’UMR 7194 et fédère des chercheurs de trois unités de recherche : la plateforme technique AST-RX (UMS 2700) du Muséum national d’Histoire naturelle, GEOPS Paris Sud (Géosciences-UMR CNRS-UPS 8148) et le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF-Palais du Louvre).
Les membres de l’équipe française sont Anne Dambricourt Malassé, Claire Gaillard, Anne-Marie Moigne, Salah Abdessadock, Cécile Chapon Sao, Pierre Voinchet, Julien Gargani, Alina Tudryn.

Le site de Masol et son étude

Le site fossilifère de Masol est connu depuis les années 1960 et a été daté de la fin du Pliocène (formation Tatrot du groupe Siwalik supérieur). Les couches sont plissées par la tectonique et forment un dôme érodé. Les couches paléontologiques s’observent sur une cinquantaine de mètres d’épaisseur, 40 mètres en dessous de l’inversion des pôles magnétiques Gauss-Matuyama qui marque la limite tertiaire-quaternaire datée de 2,58 Ma. Les traces de boucherie apparaissent dès la base de la séquence fossilifère, soit une centaine de mètres en dessous de cette limite.

1500 fossiles composés majoritairement d’herbivores, et plus de 200 outils en quartzite ont été récoltés sur 50 hectares en une douzaine de localités. Certains choppers se trouvent dans les couches à la limite entre le substrat en place et les sédiments en cours de démantèlement, d’autres dans les colluvions ou en surface. Aucun outil n’a été ramassé dans les formations stériles, tous proviennent de la zone fossilifère, ce sont en majorité des choppers simples et des éclats non retouchés (Claire Gaillard, UMR 7194). La plupart des galets taillés ont été collectés dans les mêmes conditions que les fossiles, c’est-à-dire dans les démantèlements récents des couches paléontologiques. Les premières études sur la vitesse d’érosion (Julien Gargani GEOPS-Paris-Sud) montrent que l’exhumation des couches les plus profondes dans le paysage, est récente. Des sondages ont permis d’identifier les falaises méritant de grands chantiers de fouilles afin de vérifier la présence d’outils dans les sédiments en place.

Dôme Masol {JPEG} Vue sur le dôme de Masol avec la localisation de chopper (étoiles rouges) dans et sur la couche de limon D en cours d’érosion qui suit le pendage de Masol 1 à Masol 5. L’étoile blanche est la diaphyse découpée Photo : Dambricourt

Les traces de boucherie s’observent en trois localités, sur au moins trois fossiles collectés parmi d’autres os avec une fossilisation conforme à la nature minéralogique des sédiments : un fragment de tibia et un métapode brisé (os du pied) de bovidé et une grande esquille. Les traces ont été observées au microscanner de la plateforme AST-RX du Muséum, ainsi qu’au microscope numérique 3D au C2RMF ; les résultats restituent des gestes de découpes de tendons ainsi que des coups portés sur les os pour en consommer la moelle.

La faune est particulièrement riche en espèces de vertébrés aquatiques et terrestres (Anne Marie Moigne, UMR 7194) : des tortues, quelques crocodiles, de nombreux hippopotames, des tortues terrestres géantes (Colossochelys), de rares carnivores avec la hyène et la panthère ; un mammifère proche de l’hippopotame adapté à des sols boueux mous (Mericopotamus), des mammifères de très grande taille comme le Stegodon et l’Elephas (éléphants), le Sivatherium (girafe), des chevaux (Hipparion, Equus), des chameaux, de nombreuses espèces de bovidés, des cerfs, des sangliers, des petits chevrotains. L’accumulation d’une aussi grande diversité d’espèces toute taille confondue, s’explique par les inondations de rivières débouchant dans la plaine depuis l’Himalaya, telle que la Sutlej actuelle en période de mousson. Des galets en quartzite accumulés à proximité des fossiles provenaient des terrasses himalayennes et constituaient la matière première nécessaire à la découpe des charognes.

Masol 2 {JPEG} Masol 2 derrière Masol 1 : Localisation d’outils lithiques et de fossiles d’éléphants et d’hippopotames selon le pendage de la couche de limon D, pointillés entre C et E. photo : Dambricourt

Les hominidés de Masol n’étaient pas seuls à vivre en Asie du Sud avant 1,8 Ma. Dans la grotte de Longgupo en Chine du Sud située à 3150 km à l’est de Masol et à la même latitude, de l’industrie lithique et un fragment de mandibule compatible avec une anatomie humaine, ont été datés à 2,48 Ma par Fei Han avec les géochronologues de l’UMR 7194. La séquence stratigraphique est désormais bien identifiée par Fei Han et c’est celle-ci qui a été datée. La question d’un foyer d’hominisation asiatique reste ouverte.

Les publications
Human origins in the Indian sub-continent, (dir. A. Dambricourt Malassé), Fascicule thématique des Comptes Rendus Palevol Vol 15 - N° 3-4 - février 2016, P. 279-452.
Compte rendu Palévol

Annonces officielles
Ministère des Affaires Extérieures de l’Inde :
Visite du premier ministre indien et du président français...
Département scientifique de l’ambassade de France en Inde :
Lien

.




Communiqué de presse du Muséum national d’Histoire naturelle :
Lire le communiqué

Exposition
Exposition Préhistorique franco-indienne au Muséum de Chandigarh,
financement : Ministère des Affaires Extérieures de l’Inde, UT Chandigarh et Ambassade de France en Inde, 24 janvier – juin 2016
« Redifining our past : tracing the earliest human activity in the world »
Exposition Préhistorique franco-indienne...

Diffusion en France, en Inde et dans le monde

En France

Présentation scientifique
Les études du site et des traces ont été présentées le 24 mai 2016 dans le cadre d’un séminaire de l’Ecole Doctorale du Muséum national d’Histoire naturelle, à l’Institut de Paléontologie Humaine, intitulé « Origine et e volution du genre Homo en Asie depuis 2,6 millions d’années » a

Séminaire de l’école doctorale du Muséum national d’Histoire naturelle
ED 227 - Sciences de la Nature et de l’Homme
Page de l’école doctorale
Origine et évolution du genre Homo en Asie depuis 2,6 millions d’années
du 24 au 26 mai 2016

Ecole doctorale, Institut de Paléontologie Humaine {JPEG}


Radiodiffusion 26 janvier 2016 : France Inter « La tête au carré » en direct depuis l’Inde

Presse scientifique française

Pour la Science, Scilogs février 2016
Pour la science
Scilogs
interview partie 1
interview partie 2
Archéologia, avril 2016
Archéologia

La Recherche, mars 2016,
Archéologia, avril 2016,

Reportage
France Médias Monde : France 24, tournage à Masol et à l’Institut de Paléontologie Humaine

Sites internet culturels français

Pôle international de la préhistoire
Institut de Paléontologie Humaine, Paris
Hérodote.com
Hominidés.com
Exposition Chandigard
Groupe Vendéen d’études préhistoriques

Wikipedia et relais

https://fr.wikipedia.org/wiki/Masol
Complété et avisé par la mission de l’UMR 7194
http://www.gpedia.com/fr/m/gpedia/Masol

Hebdomadaires français Le Point, 27 janvier 2016, Valeurs Actuelles, _ n°4153, 30 juin 2016

En Inde et dans le monde

Quotidiens indiens, 25 janvier 2016
The Tribune, Hindustan Times, The Indian Express, New Kerala

Hebdomadaire, 28 mars 2016
Outlook Magazine, première de couverture et un grand article

Presse scientifique, 16 juin 2016
Down to Earth, première de couverture et un grand article :
Lien Down to Earth

Commentaire du paléoanthropologue Bernard Wood (Center for the _ Advanced Study of Hominid Paleobiology, Georges Washington University).
Lien interview Bernard Wood

Presse scientifique étrangère
New Scientist, 2 février 2016
New Scientist

Sites internet étrangers et blogs de chercheurs

Grande Bretagne :
London Global University
Indian Leptobos fossils...
The News Network Archaeology
Indian Leptobos fossils...

Australie : The University of New South Wales, Australie
New research from Asia...

Etats-Unis : University of Southern California
Stones tools from Pliocene...

Espagne : Paleoantropologia hoy
Actualidad y difusión de las investigaciones paleoantropológicas
Hallazgos en Quranwala, India...

Scipers.com, Club scientifique, traduction en Persan
Anthropic activities in the fossiliferous ...

Projet de Musée de préhistoire et de Centre de recherches
En cours