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« Dynamique de peuplement à l’Holocène en Namibie. Le site Later Stone Age de Leopard Cave »

Lundi 20 avril 2015, 12h30, amphithéâtre de l’IPH

par Détroit Florent - publié le

La fouille de Leopard Cave en Namibie a livré des restes d’occupations de chasseurs datés entre 6 et 2 ka BP. Pendant que la découverte de quelques dents de capriné vient relancer le débat sur l’arrivée des tout premiers éleveurs en Afrique australe, celle de restes humains brûlés renseigne sur des pratiques « funéraires » pré-pastorales inédites.

Depuis quelques années, une équipe pluridisciplinaire franco-namibienne mène des recherches archéologiques dans le massif de l’Erongo, au centre-ouest de la Namibie. Nées d’une collaboration entre le National Museum of Namibia (NMN) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), ces recherches ont notamment permis la découverte d’un site majeur, Leopard Cave.

Les campagnes de fouille ont permis de mettre au jour une succession de niveaux d’occupation humaine du Later Stone Age.

Le mobilier découvert comprend un large panel d’outils en pierre et en os, et d’éléments de parure, en association avec de nombreux ossements d’animaux sauvages très fragmentés. Le remplissage sédimentaire est composé d’un mélange de sédiments arénitiques et de cendres d’origine anthropique. Parmi le corpus faunique, quelques restes osseux et dentaires de caprinés ont été découverts. Deux, issus des niveaux intermédiaires ont été datés directement et ont révélés qu’il s’agissait des plus anciens restes d’animaux domestiques de toute l’Afrique australe, il y a 2300 ans. Ces découvertes ont permis d’alimenter de manière significative le vif débat sur les modalités d’arrivée des pratiques d’élevage et/ou des premiers éleveurs dans cette région.

Lors des dernières campagnes, la fouille d’espaces situés en avant de la grotte, où potentiellement ces animaux avaient pu être parqués, ont permis la mise au jour d’une quinzaine de restes humains, brûlés et portant des marques anthropiques (cutmarks). Un des restes a fait l’objet d’une double datation radiocarbone directe dont les âges sont cohérents entre eux et font état d’une “crémation” datant d’environ 6000 ans BP. Ces éléments documentent ainsi des gestes mortuaires (funéraires ?) des populations pré-pastorales de la région, encore largement méconnus voire totalement inédits.