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DAMBRICOURT MALASSÉ Anne

Paléoanthropologue, spécialité paléontologie humaine

Chargée de Recherche (CRCN) au CNRS, habilitée à diriger des recherches (HDR) Institut Écologie et Environnement (INEE) du CNRS UMR 7194 CNRS - Muséum national d’Histoire naturelle Département « Homme et environnement » Office : Institut de Paléontologie Humaine - Fondation Albert 1er Prince de Monaco, 1 rue René Panhard, 75013 Paris Standard : +33 (0)1 43 31 62 91

Membre de l’équipe PaleoFED http://hnhp.cnrs.fr/?920-PaleoFED

Membre « transversal » de l’équipe PRETROP - Préhistoire des Tropiques

Courriel : anne.malasse@mnhn.fr

Biographie  : http://www.annedambricourt.com/biog...

English CV :

Articles https://www.researchgate.net/profil...

L’apport sociétal de cette recherche : https://www.frehops.fr/ Actualisé régulièrement

Diffusion internationale : Le film-documentaire de Thomas Johnson « Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’Homme » - Discovery Communication Inc., NMO - 2005 - Sélectionné au 1er Festival international du film scientifique Pariscience - Muséum national d’Histoire naturelle en octobre 2005 et en ouverture du 9ème Festival du film archéologique d’Amiens, 2008, cinéma Gaumont.

GettyImages  : https://www.gettyimages.co.uk/detai...

TRENTE SEPT ANS DE RECHERCHE AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE

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Entretien avec Edgar MORIN,« L’hominisation actuelle et passée », animé par Thomas Johnson, 4 octobre 2017, chaire Edgar Morin de la complexité, Essec. Edgar Morin a intégré ma recherche depuis 2000 in La Méthode 5, « l’Humanité de l’humanité : l’identité humaine ».

Propos d’ Yves COPPENS 2010, Professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, membre du jury de l’HDR (2011) :

Ce que dit Anne Dambricourt Malassé est scientifiquement solide. Je trouve ses recherches des plus stimulantes, son discours est d’une grande qualité. Il est tout à fait passionnant de découvrir des mouvements évolutifs dont on n’avait pas encore tenu compte. Le mouvement qu’elle décrit est une réalité, il ne faut pas se voiler la face.

What Anne Dambricourt Malassé says is scientifically strong. I find this research very stimulating, her statement is of great quality. It is exciting to discover evolutionary movements that have not yet been considered. The movement she describes is a reality, we should not bury our heads in the sand.

Autres experts internationaux/other international experts : http://www.annedambricourt.com/agrements

LE REDRESSEMENT NEURAL DANS LA LIGNÉE DES HOMINIDÉS ET L’ÉVOLUTION DU GENRE HOMO EN ASIE

Lorsque je m’engageais dans une thèse de doctorat au Muséum national d’Histoire naturelle en 1983, l’origine de l’orientation verticale de notre système nerveux central (SNC), et donc de la bipédie permanente, n’était pas connue. Quatre ans plus tard, en 1987, je soutenais la première thèse de paléontologie humaine du Grand Établissement et je constatais, contre toute attente, que la verticalité est un stade de l’évolution de l’embryon qui a commencé avec les premiers singes. L’organisation horizontale du SNC embryonnaire est devenue verticale. Nous sommes le stade actuel de ce processus. Quand bien même cette découverte procède à un changement de paradigme sans précédant depuis Lamarck (1802) (la bipédie permanente n’est pas d’origine locomotrice) au profit de la courbe de complexité/conscience croissante du système nerveux, décrite par le paléontologue Pierre Teilhard de Chardin, il m’a toujours paru indispensable de le comprendre, de le formaliser avec des modèles géométriques dynamiques et de s’interroger sur l’avenir de ce processus qui est notre identité première et incontestablement orienté dans l’espace interne du corps. Les cliniciens sont interpellés par les agénésies dentaires, les troubles de l’occlusion, de la posture, du développement du cervelet etc.... Il m’a toujours paru nécessaire et responsable de les replacer dans la perspective phylogénétique et la compréhension des processus évolutifs. Trois années après ma thèse, j’ai été intégrée au CNRS en 1990 pour étudier ce processus et je fus titularisée en 1992 avec une demande de distinction de l’expert. Les statistiques sont la matière première de ma recherche depuis la thèse. Étudier au Muséum et à l’Institut de Paléontologie Humaine, c’est bénéficier d’une des plus grandes collections au monde en primatologie et en anthropologie. Quant à l’outil de travail, avec la téléradiographie puis la tomographie de crânes fossiles et actuels, c’est un challenge dans l’histoire des sciences auquel les paléoanthropologues de ma génération ont été confrontés, pionniers à l’avant-garde de l’application des nouvelles technologies. En 30 années de recherche au CNRS leur application à la paléontologie humaine aura permis un bond fulgurant dans la compréhension des processus du redressement neural depuis Jean-Baptiste de Lamarck, dans la compréhension des relations du redressement neural avec la complexification des capacités cognitives et l’émergence de la pensée symbolique, et enfin, avec la prise de conscience que la place de notre anatomie redressée dans la lignée des primates n’était pas une question de locomotion mais bien celle d’un processus de complexité croissante dont personne ne peut affirmer que nous sommes, biologiquement, le terme final.

Les évocations de « théorie mystique » et de mutations « programmées » à propos de ma recherche sont peu flatteuses pour leurs auteurs vivants, ou pour la mémoire de ceux déjà décédés, car elles témoignent d’un manque de discernement pourtant accessible à un collégien. S’il y avait eu un programme dans l’ADN des primates vivant 40 millions d’années plus tôt, Homo sapiens serait le seul primate vivant, il n’y aurait plus que des espèces fossiles car elles auraient toutes muté de la même façon en Asie, en Afrique et en Amérique. Or il n’y a jamais eu de grand singe en Amérique, les fossiles ancêtres des orangs-outans en Asie n’ont pas la même tête que leurs cousins africains ancêtres des chimpanzés, et les espèces vivantes sont encore nombreuses. Quant à une « théorie mystique », c’est un oxymore, une absurdité. Une théorie est une construction mathématique, la formalisation chiffrée des changements de formes d’un ensemble d’os articulés, c’est un des objectifs de ma recherche. C’est l’être humain qui est mystique. Ce n’est pas en sciences qu’une sensibilité mystique s’exprime, mais dans l’expression artistique, et quand une paléoanthropologue découvre l’inspiration artistique enracinée dans une sensibilité consciente de l’humanisation, c’est une immense respiration loin de l’aridité des équations.

Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves. André Malraux, 1933, « La condition humaine ».

CURSUS

  1. DEA de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI ) en 1983, major de promotion, mention Bien
  2. PhD du Muséum national d’Histoire naturelle, 1987, avec les félicitations du jury à l’unanimité (1ère thèse en paléontologie humaine du Muséum, évolution de la mandibule dans son contexte crânien)
  3. HDR 2011, université de technologie de Compiègne (UTC), Biomécanique-Bioingénierie avec les félicitations à titre exceptionnel (Accreditation to Direct Research cum laude) : Les équilibres bipèdes permanents, origine embryonnaire, morphogenèse, équilibre occluso-postural, conséquences pour l’évolution psychomotrice et comportementale des hominidés

A - LES OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

La compréhension des mécanismes évolutifs à l’origine d’ Homo sapiens, ou en d’autres termes, du dernier seuil de la verticalisation neurale, avec une attention particulière pour leurs réactualisations.

Spécialités

1 - En laboratoire et en collaborations

- La base du crâne et la face en relation avec le redressement du système nerveux central depuis l’embryogenèse.

2 - Les opérations de terrain

- Les contreforts des hauts plateaux d’Asie centrale Pakistan (Hindou Kouch 1996-1997), Inde (Siwaliks 2003-2019), Chine (Yunnan-Guizhou plateau, 2009-2016)

- Directions de missions archéologiques du Ministère des Affaires Étrangères et direction de programmes interdisciplinaires en Inde (géomorphologie, datations, géologie, paléontologie-taphonomie, techno-typologie, prospections et sondages).

B- LES DEUX THÈMES MAJEURS DE RECHERCHE ET LEURS ACTUALITÉS

Deux changements de paradigme

I - LES ORIGINES EMBRYONNAIRES DU REDRESSEMENT DU SYSTÈME NERVEUX ET DE LA BIPÉDIE PERMANENTE

Le fil directeur de l’hominisation et de l’humanisation est la verticalisation du système nerveux au terme de la période embryonnaire (8 semaines après la fécondation chez Homo) et non pas la locomotion.

Derniers programmes 2011-2019 pour le développement d’une anthropologie paléo-cognitive.

En collaboration avec :

Dr. Fabienne LALLOUET (Hôpital Américain de Paris) https://www.american-hospital.org/e...

Marie-Christine HOBATHO (Professeur, directrice de la recherche de l’Université de Technologie de Compiègne) https://www.utc.fr/recherche/contac...

Tien-Tuan DAO (Professeur, UMR CNRS 7338 Biomécanique-Bioingénierie- Université de Technologie de Compiègne) http://www.utc.fr/ daotient/

1 - BioMorphos Étude morphométrique de la base interne du crâne d’Homo erectus, Homo neanderthalensis, Homo sapiens et Pan.

2- ECPEC « Évolution du Cervelet, Posture, Émotion et Cognition »

Projet OsCap « Ostéologie, capteurs et paléoneurologie »

Encadrement de Bastien Bouvier en Master Erasmus Mundus (Quaternaire et Préhistoire du MNHN)

Ce programme de formation clôt ma recherche sur les processus embryonnaires et phylogénétiques à l’origine du redressement neural et de la locomotion exclusivement bipède des hominidés. Il fait suite à mon HDR (2011) qui synthétise mes réflexions sur l’émergence des capacités cognitives propres aux hominiens et les liens avec la position instable du cervelet.

La synthèse des 30 années de recherche au CNRS consacrée à cette découverte majeure, tant pour ses implications cognitives - en particulier du cervelet - que pour la compréhension de la singularité Sapiens et les troubles actuels de la posture - paraîtra en décembre 2019 dans le livre suivant :

Embryogenèse et phylogenèse de la posture humaine. In Anatomie comparée et posture de l’Homme et de l’animal. Série dirigée par D. Hadjouis, Editions ISTE, Londres.

Embryogeny and phylogeny of the human posture. In Comparative anatomy and posture of human and animal. D. Hadjouis dir. Editions Elsevier-ISTE, Londres.

Le livre sera également traduit en allemand et en espagnol.

Cette approche, unique en paléontologie humaine, recoupe les connaissances en ostéopathie et en posturologie méconnues de la paléoanthropologie. Ces connaissances raisonnent à l’échelle globale du corps en tenant compte de son organisation verticale depuis la base du crâne, des fascias et de leurs traumas au cours d’une vie. Elle sera développée dans une démarche pluridisciplinaire chère à Edgar Morin, dans le cadre de l’association FREHOPS :

https://www.frehops.fr/index.html

L’émotion, ignorée en paléoanthropologie, est le fil de ma réflexion sur les processus d’humanisation passés et actuels qui intègre l’acte créateur artistique, graphique, vocal et musical replacé dans la courbe de complexité/conscience croissante du paléontologue Pierre Teilhard de Chardin (conférence à la chaire de paléoanthropologie du Collège de France sur invitation du Pr. Yves Coppens en mars 1996).

Le projet de livre sur invitation d’Yves Coppens dans sa collection chez Odile Jacob développera cette réflexion.

Je consacre désormais mon programme de recherche aux Siwaliks

II ORIGINES DE LA PRÉSENCE DU GENRE HOMO EN ASIE AVANT LE QUATERNAIRE (AVANT 2.588 MA)

Je dirige des opérations de terrain en Asie depuis 1996, les plus conséquentes sont en Inde et en Chine.

I- INDE

Le programme SIWALIKS 2007-2019

« Origine et évolution de l’Homme dans les Siwaliks »

Directrice du programme de recherche

Nombre de chercheurs fédérés depuis 2012 : 8

Nombre de publications dans des revues à CL : 11

En Inde, les Siwaliks sont les piémonts de la chaîne himalayenne.

Le programme consiste en l’étude pluridisciplinaire du site pliocène de Masol et des activités manuelles de boucherie découvertes sur mon initiative vieilles d’au moins 2,8 Ma (2,95 Ma n’est pas exclu), elles sont - au minimum - contemporaines du plus vieux fossile potentiellement attribuable à Homo (Ledi Geraru, Éthiopie, 2,8-2,75 Ma). On ne connait pas encore de fossile du genre Homo plus ancien tandis que le foyer de l’émergence reste hypothétique.

Parrainage du Pr. Yves Coppens depuis 2012.

Partenaire indien  : « Society for Archaeological and Anthropological Research » (SAAR), une ONG de Chandigarh.

Partenaire français : UMR 8148 GEOPS- Université Paris-Sud. Classement de Shanghai 2019 : première Université française et 9ème Université européenne.

Masol est le troisième plus vieux site préhistorique après Dikika (Éthiopie, 3,4 Ma) et Lomekwi (Kenya, 3,3 Ma) attribués à des espèces d’Australopithecus.

Dans le cadre actuel des connaissances Masol est donc le plus vieux site archéologique au monde attribuable à l’Homme, et le premier qui associe l’outil et les traces de boucherie.

Recherches, publications, colloques, expositions :

Page de l’UMR : http://hnhp.cnrs.fr/?707-Siwaliks-l...

Site web : http://siwaliks-hominid.com/

Actualité : mythes et réalités sur des fossiles attribués à une espèce humaine de 3,4 Ma. Prochaine version en anglais. http://siwaliks-hominid.com/actuali...

Vidéo du colloque international d’Yves Coppens sur invitation, Académie pontificale des sciences, 12 avril 2019 :

www.pas.va/content/accademia...

Et plus bas au paragraphe I-3 -Recherche sur le terrain à l’étranger et directions de programme de recherche

Recherche de fonds pour 2019 :

THEMA  : « Tectonic, Hominoid, Ecology from Miocene to Anthropocene » soumis en septembre 2018 à un appel à projet de recherche conjoint du CNRS pour une réponse en février 2019. L’étude de Masol est intégrée. Le but visait la prospection des formations fossilifères plus anciennes pour identifier la première occurrence d’homininés dans les Siwaliks. Le CNRS choisit en février 2019 de restreindre l’appel à un seul Institut indien situé en Inde centrale. Le projet n’a donc pas été retenu.

Le partenaire indien Pr. Bahadur Kotlia venait de recevoir la plus haute distinction du gouvernement en géosciences, alors qu’en 2018 le Ministre de la Culture indien avait engagé une campagne politique pour supprimer l’enseignement de l’évolution, refusant la filiation entre les singes fossiles et l’Homo sapiens. Plus de 2000 scientifiques indiens ont signé une pétition pour s’y opposer. En juillet 2019 l’ancien Ministre réitère :

https://timesofindia.indiatimes.com...

La thématique de THEMA est donc très importante et Masol devient un enjeu de tout premier plan culturel et traditionnel car viendra le temps inévitable où il faudra parvenir à faire comprendre qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre l’hominisation du corps et le développement de la conscience humaine avec toutes ses singularités (pensées éthiques, symboliques, artistiques, philosophiques, métaphysiques, méditatives) et je pense que la Chine suivra ce mouvement naturel de l’intelligence, ADM.

Saison 2019  : Mission pour le compte de l’UMR 7194 CNRS et l’accord de PaleoFED du 19 mars au 3 avril 2019.

En février 2019 j’ai donc pris la décision de m’engager dans la sauvegarde de la coopération en continuant les projets avec la SAAR.

Sujet : Valorisation de la collection des traces de boucherie et paléomagnétisme du site de Masol.

La saison 2019 est détaillée sur le site siwaliks-hominid.com à « Actualités » avec la conférence internationale organisée par le Pr. Yves Coppens pour l’Académie pontificale des sciences les 12 et 13 avril 2019 : « India, where cut marks on animal bones (2.7-2.8 million years old) have been found and identified in the sub-Himalayan region of Punjab (...). The Indian discovery (Masol) is very important », rapport au pape François du Pr. Yves Coppens.

Publication en 2020 éditée par l’Académie des Sciences de la Cité du Vatican et le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS).

Masol, avril 2019. Dans les vieux méandres fossilisés, je garde notre cap car de belles découvertes sans cesse s’y révèlent.

L’état de l’art

Suite à la bonne visibilité en des lieux académiques, il était prévisible que la priorité en vienne à la démonstration positive selon laquelle il ne s’agissait pas d’une illusion démesurée. Provoquer l’effondrement d’obstacles qui s’en prévalaient, est tout à l’honneur d’une posture éthique qui fera date car elle aura été à la mesure des enjeux : relater une histoire vraie insoupçonnée.

Cette démonstration est la nécessaire restitution en co-auteur, d’une biographie passée en quelque sorte, le récit de la plus ancienne histoire humaine archivée. Elle est hors norme jusqu’à ce jour, puisqu’en bordure de l’Himalaya, alors qu’elle était visible à ciel ouvert depuis des décennies. Elle ne correspond pas aux scénarios attendus ni à leurs présupposés, elle en dérange avec l’évidence d’activités de charognage moins « nobles » que la chasse. Il n’en reste pas moins une trace d’humanité exceptionnelle, celles d’une main comme tendue à travers le temps et qu’il ne m’a plus jamais été possible de lâcher depuis sa découverte. D’une certaine manière, elle est la clé de voûte de tout l’édifice intellectuel et de la persévérance à mener les recherches jusqu’au bout.

Photo (Copyright A. Dambricourt) : Le plus vieux patrimoine mondial de notre Humanité avec l’enregistrement du mouvement d’un poignet humain, « un record dans le temps » selon Yves Coppens.

L’évidence est le plus vieux mouvement de rotation d’un poignet humain. Il est gravé sur un os, le tracé fin et courbe d’un tranchant lithique, sur et sous une crête d’insertion ligamentaire. Comme le commencement d’une écriture qui se poursuit avec ces lignes qui lui renvoient l’existence. Reflet conscient, spirale du temps recomposé, instant d’exception.

Ce geste est émouvant tant par son incroyable ancienneté, que par l’intelligence qui en émane et la performance de sa précision dans le démembrement de la bête avant sa décomposition laissée aux hyènes. Et l’ampleur des archives remontées en surface sur 50 hectares d’un grand théâtre du temps, atteste de la maîtrise d’un territoire jamais vue à des dates aussi reculées. L’étendue de ce spectacle est exceptionnelle et j’ai confiance dans une volonté commune de rédiger le récit fidèle de cette page d’histoire, rare, avec l’espoir d’heureuses prémices pour un nouveau départ. A des années lumières de la fiction, elle est extra-ordinaire, car elle est enracinée dans la réalité de l’évolution humaine et la pleine conscience d’en incarner un instant « t », extrêmement singulier jusque dans l’émotion vécue d’un regard partagé, avec le souvenir de ces paysages aux courbes en croissant de lune.

Vue sur l'anticlinal fossilifère de Masol © A. Dambricourt Malassé {JPEG}

Vue sur l’anticlinal pliocène fossilifère de Masol, © A. Dambricourt Malassé

Réunion de l’équipe pluridisciplinaire que je dirige, dans la bibliothèque de l’Institut de Paléontologie Humaine, 2014 © A. Dambricourt Malassé

Je m’investis donc sur Masol, riche de collectes en surface, le fil d’Ariane tissé de documents en place, en modeste quantité, mais d’une infaillible solidité (4 fossiles avec des « cut marks » et un chopper) en espérant la continuité d’une heureuse convergence au retour de mission en avril 2019. Et non sans une émotion qui n’a jamais cessé de guider mes intuitions depuis que je sillonne les contreforts de l’Hindou Kouch, soit depuis 1994. Je ne doute pas de ce qu’il en coûte de s’engager pour qu’humanité rime avec vérité, honnêteté, liberté et surtout humilité face aux projections d’aveuglements multiples. Mes pages encore blanches de ce continuum n’attendent qu’une prochaine écriture. Je ne suis pas maître des horloges, mais celles déjà illustrées de ces preuves spectaculaires n’en ont que plus d’authenticité dans leur permanence. Pierre Teilhard de Chardin, pionnier des prospections depuis le bassin de l’Indus jusqu’au Sud de la Chine, prévoyait la noosphère, d’aucun y intègre l’incroyable toile virtuelle des smartphones. J’y souscris quand le sens et la sensibilité, telle une image précieusement conservée à l’instar de ce geste de poignet, s’y transmettent avec comme seule finalité la poursuite de l’humanisation des échanges entre personne - et non leur virtualisation qui n’est pas la vie - et pour long-temps (orthographe du paléontologue Georges Cuvier qui me sied).

Des objectifs à long terme

Inscrire Masol sur la Liste du patrimoine mondial, culturel et naturel de l’Unesco.

Les publications pluridisciplinaires vont s’intensifier en construisant un solide édifice intellectuel d’une paléo-anthropologie pliocène propre à l’Asie et fondée sur ma découverte des origines embryonnaires du redressement neural. Elle me permet de proposer une lecture originale de l’émergence conceptuelle des chaînes opératoires techno-typologiques, bien comprise par Edgar Morin, auteur de « la pensée complexe » (les boucles rétroactives et non pas la linéarité additionnelle). Le seuil de l’irréversibilité historique est franchi après de longues recherches et réflexions dans cette région de la planète depuis 1996 et par le seul fait que cette découverte est en soi, une destinée d’une incroyable puissance. Elle lève des verrous en ouvrant un nouvel espace paradigmatique et je m’en réjouis pour la poursuite du cheminement de la recherche avec des projets qui se concrétiseront immanquablement pour enraciner cette histoire vraie sur ses propres terres tels que le Musée de préhistoire du Pendjab dédié aux Siwaliks. Le site siwaliks-hominid.com me permet de démontrer les pseudo-critiques sans référence bibliographique et dépourvues de démonstration scientifique attendue à ce très haut niveau de la découverte. Ces sites constituent le filtre indispensable à la bonne information, la seule source fiable en dehors d’un contact direct.

Les publications

Invitations, à paraître

DAMBRICOURT MALASSÉ A. 2020 Hominin activities in the sub-Himalayan floodplain during the late Pliocene. In « Who was who, and who did what, where and when ? ». Dir. Yves Coppens et A. Vialet (Eds), Pontifical Academy of Sciences and CNRS.

DAMBRICOURT MALASSÉ A., CAUCHE D. Les chaînes opératoires de Masol, Inde du Nord. Implications pour la cognition des homininés pliocènes. In Le Paléolithique inférieur, L’Anthropologie. Elsevier Masson SAS.

En ligne en décembre 2019

CAUCHE D., SINGH M., DAMBRICOURT MALASSÉ A., TUDRYN A., GARGANI J., ABDESSADOK S., CHAPON SAO C., MOIGNE A-M., KARIR B., PAL S., 2019. The first chopper in Asian late Pliocene silts, Masol, Northwestern India : bio-lithostratigraphy, magnetostratigraphy and dating evidences. In : Depaepe P. and Moigne A.M., (Guest eds), Lower and Middle Paleolithic. The Journal of the International Union of Prehistoric and Protohistoric Sciences.

Soumis

CHAPON SAO C, TUDRYN A., DAMBRICOURT MALASSÉ A., MOIGNE A-M., GARGANI J., SINGH M, ABDESSADOK S., VOINCHET P., CAUCHE D., KARIR B., PAL S., The late Pliocene prehistoric site of Masol (Northwestern India) : new dating of the geological and paleontological context of cut marks and stone tools. Journal of Asian Earth Sciences.

L’actualité : voir aussi siwaliks-hominid.com à Actualités avec des photos, ainsi que le site de l’UMR.

L’exposition au Muséum du territoire de l’Union de Chandigarh. Un territoire de l’Union est sous la gouvernance du Premier Ministre qui nomme son Premier Administrateur. L’exposition institutionnalise la reconnaissance par l’Inde, des traces d’activités comme étant les plus anciennes du genre Homo, sans grandiloquence avec toute la sagesse d’une longue tradition hindoue, elles sont le patrimoine d’1 milliard 379 millions d’indiens.

http://chdmuseum.gov.in/home/restsh...

Le projet de Musée de préhistoire est maintenu pour pérenniser une coopération de très longue date, née de la rencontre avec Mukesh Singh et mon ami Jordi Magraner (Jorge Magraner, Casablanca, décembre 1958- Bumburet, août 2002), à l’origine de mes missions dans l’Hindou Kouch planifiées dès 1994 jusqu’en 1997, et décédé chez les Kalashs dans des conditions tragiques. Sa disparition a ouvert la voie aux Siwaliks, je ne l’oublie pas, il est intégré dans le récit historique des C.R. de l’Académie des Sciences, Palevol.

Il n’y avait rien à attendre d’autre qui ne provienne de notre propre volonté, de notre propre mouvement, de notre propre convergence. Triste destin sur les pas d’un défunt, entraînée en 1994 dans ces hautes vallées depuis le tournage du documentaire de Pascal Sutra-Fourcade « Sur la piste de l’Homme sauvage », dont je fus conseillère scientifique, et diffusé sur La Sept-ARTE le 28 février 1998. Jordi Magraner m’avait trouvée sans que je le cherche, lui le fil rouge du film, y est resté, assassiné à son domicile avec le vol de son ordinateur-portable comprenant aussi mes données.

Les effets de Dunning-Kruger attisés par l’apparition de mon nom dans le générique comme conseillère scientifique sont historiques et donc archivés. Car Jordi Magraner était bien connu d’Yves Coppens, mais aussi de Théodore Monod, de Jean Chaline, du paléontologue Léonard Ginsburg qui soutenaient cette prospection.

Une halte avec nos deux « chiens-loups » (photo et copyright A. Dambricourt Malassé 1994). L’aide de camp tient le canon d’une kalashnikov. En arrière-plan, le jeune Chamsu Abdur Rhaman, fils du chef du village de Bumburet, issu d’une longue lignée d’aristocrates khafirs, a vu son nom associé au décès, sans fondement rationnel et sans enquête pour le justifier, j’en garde la preuve écrite. Avec le temps, les effets secondaires se sont adoucis de mon côté aussi.

Le film a été sélectionné au festival du livre et du film de Saint-Malo en 2013 pour la promotion d’un récit écrit par un journaliste qui a su tirer profit de cette tragédie. Celui-ci a dressé un portait de ma personnalité eu égard à Jordi Magraner qui ne me correspond pas et que des témoins de cette époque au Muséum pourraient démentir.

https://www.etonnants-voyageurs.com...

Seules les personnes qui l’ont vécue peuvent écrire le récit de cette recherche sur le terrain et au laboratoire, avec les archives personnelles à l’appui. C’est devenu une nécessité et souhaitable avec cet ami innocent qui contribua aux expéditions et au film. Cet effort de mémoire ne se préoccupe pas de savoir si un clan a été compromis par une accusation aussi choquante pour lui-même, sa famille et ses enfants. C’est une question de reconnaissance internationale de ma part à l’égard de cet innocent dans ma carrière scientifique.

Inverser les aiguilles du temps afin que tout ce qui montait puisse enfin converger dans nos consciences et s’unir vers le mystère de nos origines, peut devenir un chemin de vie exceptionnellement riche de sens, ADM.

film Premier documentaire indien en 2018 par la chaine indienne « Network18 Group » (Panjab, Haryana, Himachal Pradesh) - Made in India... https://www.youtube.com/watch?v=Y_A...

En préparation  : la solide coopération et la haute conscience des objectifs communs préparent la prochaine campagne en 2020 qui consistera à identifier la provenance des fossiles et outils de Masol 6 collectés en 2017 et 2019. Le caractère accidenté du terrain justifiait un temps long pour identifier les strates qui livreront des outils en place. Compte tenu de l’ampleur des enjeux, mon engagement pour une mise en valeur, rapide à présent, de ces longues années de recherche, est permanent. Il se prolongera inévitablement et positivement sur le long terme car tel est désormais le sens de l’histoire de cette belle découverte. La vitalité tectonique des profondeurs terrestres remonte à la surface une mémoire commune à laquelle personne ne s’attendait. Les Siwaliks sont une sorte de livre de l’histoire naturelle humaine au moins aussi vieux qu’en Afrique mais quasiment fermé, offrant ainsi une rencontre improbable entre deux mains que les très longues durées auront rapprochées avant que ne s’efface l’évidence d’une immense page d’humanité. Cet instant improbable a son mystère et j’en conclus que si le sens de cette incroyable aventure humaine existe avec des sommets d’incrédulité à franchir et à vaincre (à commencer par les nôtres), il est ce mystère qui nous contient avec ces deux mains, du passé et du présent, unies pour toujours.

Le Times of India du 8 septembre 2019

« TOI est le journal grand format anglophone ayant la plus grande circulation au monde, avec plus de 3,15 millions d’exemplaires et un lectorat estimé à 7,6 millions de personnes ».

Le quotidien enquête régulièrement sur l’engagement de l’État dans la protection du site et la prise de conscience du patrimoine mondial placé sous sa responsabilité historique. Le colloque international de l’Académie pontificale des sciences a un impact percutant, il permet au quotidien indien de sensibiliser l’opinion publique en publiant un article d’une page grand format. Il est remarquablement scientifique avec des enjeux considérables pour la place de l’Inde dans l’étude de nos origines et à un très haut niveau de conscience : protéger le site pour servir la compréhension de l’humanisation et non des spéculations mafieuses qui détruisent les zones naturelles protégées des Siwaliks. Par métaphore, je dirai que l’abcès perce et il est normal que le pus jaillisse. Je salue la dignité et la constance courageuse de cet engagement médiatique que je soutiens indéfectiblement comme le rappelle le quotidien en conclusion de ce grand article.

TOI du 8/09/2019

La Chine a aussi sa place dans cette révolution paradigmatique avec la présence de l’Homme a au moins 2,5 Ma .

II- CHINE

1- Programme « Valorisation du patrimoine préhistorique du Guizhou » 2009-2019. Terrain 2009, 2012, 2014, 2016. Etude et publication des données jusqu’en 2018, 2019 organisation pour l’étude des collectes en 2020.

Voir au paragraphe I-3 -Recherche sur le terrain à l’étranger & directions de programme de recherche

Partenaire : Pr. ZHANG Pu, Institut des Ressources Montagneuses, Académie de Sciences du Guizhou, Guiyang.

Partenaire associé : CAO Bo, Institut des Reliques Culturelles et de l’Archéologie du Guizhou, Guiyang.

L’étude a mis en évidence en Chine du Sud Ouest, une troisième lignée humaine non sapiens avant 240 ka. Par ailleurs, j’ai proposé l’interprétation d’une transmission protohistorique agro-pastorale de traditions chamaniques (art pariétal) chez des populations de tradition orale et donc sans écriture :

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., CAO , B., YOU, Q., ZHANG, P., 2018. Agro-pastoral rituals and shaman dances of Dahongyan rock painting, Guizhou, Southwestern China, new investigations. In B. Kotlia, ed., Holocene civilization, Quaternary International. https://doi.org/10.1016/j.quaint.20...

Extrait de la danse chamanique de Dahongyan, la « Grande Falaise Rouge » (Shizhucun, Guizhou). Restitution en noir et blanc de la symétrie originelle d’un masque unique à deux têtes - buffles - inséparables et fixés au corps humain par deux anneaux (copyright A. Dambricourt, mission CNRS 2012, in Dambricourt Malassé et al., 2018).

Au cours de la danse et sa mise en scène, le chaman relie puissamment les esprits, animal et humain, pour des lendemains terrestres féconds, convaincu du succès, emporté par les rythmes, les visions et les mélodies.

Extrait de « La leçon » de la « Grande Falaise Rouge » (Guizhou) (copyright A. Dambricourt, mission CNRS 2012, in Dambricourt Malassé et al., 2018 ).

Les empreintes se succèdent depuis le bas vers les deux mains droite et gauche centrales, selon un rythme répétitif comme sur la peau tendue d’un tambour : trois doigts, trois phalanges, deux mains ; trois doigts, trois phalanges, deux mains ; bonne rythmique avec changement des fréquences vibratoires pour le grand voyage chamanique des âmes initiées, à ressentir en partage avant chaque entrée en scène.

Programme organisé pour 2020  : La fréquence des missions France-Chine tient la route sur un vieux projet d’étude avec Zhang Pu à l’écoute de l’actualité préhistorique chinoise. La grotte de Nuibizhdong (« Deux narines de bœuf ») découverte ensemble en 2009 offre un potentiel paléoanthropologique. Les deux entrées de la grotte montrent une occupation préhistorique avec un mode de vie dans une semi-pénombre, adapté à une contrainte environnementale marquée par la présence avérée d’un prédateur - un fragment de mâchoire d’ours - parmi les archives (outils, os d’herbivores) récoltées par Zhang Pu. Un étranger n’étant pas autorisé à fouiller, nous n’avons pas dérogé à la règle, permettant ainsi l’étude commune de ce matériel inédit dont l’initiative lui revient.

Le bout du double tunnel de Nuibizhdong au royaume de Yelang. Comme une rétine inversée, ses deux porches illuminent les strates du passé jusqu’au temps présent. Copyright Anne Dambricourt Malassé, mission CNRS 2016.

Les lambeaux des terrasses d’une ancienne rivière souterraine se lisent sur les parois de ces tunnels comme un palimpseste, le géologue en décrit l’histoire. La rivière suivait son cours vers l’océan pacifique qui la guidait en creusant son lit et en construisant ses terrasses comme des pages d’écriture qui en mémorisent les étapes (des galets, du sable, du gravier). A l’approche de l’océan (la mer de Chine du Sud) elle devient la rivière des perles (Pearl River). Puis une brutale surrection tibétaine l’a déviée de son cours comme tant d’autres, la « Grande Falaise Rouge » en est encore dégoulinante de ses traînées rouge sang. La rivière a retrouvé son cours vers l’océan qui la guidait, mais avec une différence de taille : l’intrusion tectonique entre la rivière et l’océan. La surrection a pour effet d’accentuer l’érosion du lit de la rivière à la recherche de son équilibre avec l’océan. Elle se retrouve dans ces nouvelles terrasses semblables à un mille-feuille écrit pendant de longues années : des galets, du sable, du gravier et des petites brindilles de Coix lacryma-jobi qui se portent comme des amulettes magico-religieuses. La « Grande Falaise Rouge » (Dahongyan) en a de jolies dessinées sur les anneaux qui tiennent solidement les deux masques de buffles ressemblant à deux têtes de louve. Ces terrasses appartiennent à la rivière et sont la preuve de la présence de la surrection piégée dans leur formation, telle est la force de la rivière des perles et de son océan pacifique. Au fil du temps, de nombreuses strates révèlent une histoire : le roi de Yelang, qui signifie « l’inculte vaniteux », se croyait plus puissant que l’empereur des Hans. Une armada de sabres lui fit comprendre que la rivière ne lui appartenait pas. Par peur de se faire massacrer, le roi de Yelang fut contraint de la laisser suivre son cours naturel selon les exigences de l’empereur Wu. L’empereur l’a combattu et les terrasses en ont conservé la preuve. La rivière fit dès lors partie du puissant royaume de l’empereur des Hans.

Cette grotte tunnel est une rétine lumineuse de la réalité historique, c’est à l’histoire vraie que j’accorde de l’intérêt, comme une petite amulette magico-religieuse en Coix lacryma-jobi, une petite croix qui se porte sans en avoir l’R libre. A la fiction qui me laisse de marbre, je renvoie cette vérité rédhibitoire, incontournable qui remonte le fil rouge de cette surrection.

La « Grande Falaise Rouge » est un véritable site chamanique, c’est le sujet d’un film de You Qiansheng.

Textes extrait de « Guizhou Yanhuà », You Q. & Cao B., 2015, Guizhou Publishing Group.

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On y découvre aussi cette scène paisible avec les silhouettes de deux personnages parés de leurs atours et qui entretiennent de bonnes relations. Un guerrier à gauche et une femme à droite avec une longue traîne accompagnée d’un paon.

(copyright A. Dambricourt Malassé, mission CNRS 2012, in Dambricourt Malassé et al., 2018 ).

Je ne me serais jamais engagée dans cette science de la création artistique sans y être invitée, indirectement ou directement. En d’autres termes je n’ai jamais proposé à un-e spécialiste de l’art préhistorique, pour quelle que raison que ce soit, de travailler ensemble et encore moins par opportunisme. Aucun document prouverait le contraire. Par ailleurs ces scènes font référence à un lointain passé auquel je suis extérieure, ce sont des ethnies locales qui communiquaient entre elles avec leur propre monde imaginaire, si les fresques avaient enregistré les chants des chamans, ces chants seraient d’une culture qui n’est pas la mienne et leurs paroles n’auraient jamais été pour l’étrangère que je suis, mais pour un être imaginaire. Si j’en perçois du sens c’est à un niveau de réalité qui fait appel à mon bon sens et à des expériences réellement vécues chez les Kalashs comme des danses nocturnes au rythme envoutant des tambours et des mélopées féminines. Je sais donc distinguer la part d’une réalité qui m’est étrangère, de celle expérimentée avec les Kalashs que je connais intimement, archivée et connue d’autres collègues professionnels. J’ai donc proposé des clés de lecture et pour ce guerrier face à une reine, la démarche qui m’apparaissait la plus évidente depuis le début, consistait à retrouver la source de l’inspiration de ce « tableau » avec ces signes de séduction réciproque qui m’évoquent deux « casanova ». Il ne viendrait pas à l’idée d’un autochtone de s’approprier une telle œuvre alors qu’elle ne lui a jamais appartenu, et encore moins de faire obstruction à la recherche de ses racines. Je n’ai jamais eu connaissance d’enquête officielle en cours dans les environs immédiats de la falaise et surtout, étant invitée par les autorités, j’aurais été consultée. Ce qui signifie qu’aucune démarche n’a jamais été entreprise en ce sens et que l’État ne s’y est jamais opposé, prétendre le contraire serait une fabulation mal intentionnée. Cette enquête permet de retrouver les traces de ces us et coutumes étrangères aux Hans, c’est une attitude respectueuse des ancêtres défunts à laquelle mes amis chinois sont très sensibles, je la partage totalement et l’État n’agirait pas autrement.

Présentation des résultats de la coopération au congrès de l’IFRAO à Guiyang en 2014 - Réalisation, photo et copyright Anne Dambricourt Malassé.

JPEG Photo et copyright Anne Dambricourt Malassé - mission CNRS 2012. Et la vidéo : http://m.feixun.tv/share/video/kcvv...

Un palimpseste destructeur : un personnage noir qui dénature, parasite et enlaidit l’œuvre sacrée. De nombreux encroûtements calcaires le recouvrent et montrent que sa présence illégitime est ancienne, elles permettent de la dater, l’étude vestimentaire montre que le personnage est un homme. Les yeux ne sont pas bridés, le regard semble hypnotisé par une vision, peut-être à cause de la mémoire chamanique que les lieux renvoient avec ces scènes rouge sang, le sacrifice des buffles étant une pratique contemporaine locale. A effacer par des techniques à la pointe du progrès pour ne pas abimer l’œuvre. Et surtout pas avec de l’eau !

JPEG Photo et copyright Anne Dambricourt Malassé, mission CNRS 2012.

La paroi desquamée a permis le dessin d’une petite voiture noire qui ne dénature pas l’œuvre. Le coup de crayon n’est pas celui du personnage noir qui ne la respecte pas, au contraire c’est un profil net qui ne se cache pas avec une innocence touchante. Retrouver son auteur serait fantastique pour rendre ensemble à la « Grande Falaise Rouge » son intégrité originelle, ce serait un bel exemple pour les futures générations, de démarches convergentes, hautement louables et respectables par l’esprit qui les rapproche et qui les motive. Cette convergence avec les autochtones est d’autant plus nécessaire que d’autres compositions associent des éléments de ces scènes, comme une dégradation codifiée avec des parties de corps découpées qui n’ont rien à faire ensemble : jambes nues, cornes de buffles, tête de serpent, plume de paon, Coix lacrima jobi, feuilles de thé.

Ces compositions sont plus obscures quant à leur signification, je les ai nommées « pots-pourris » (in Dambricourt Malassé et al., 2018). Elles semblent constituer une clé majeure de l’interprétation de l’ensemble de ces scènes, notamment le sort de deux « casanova » (paix et guerre). Comparés aux scènes originales, ces « pots-pourris » n’ont pas d’esthétique, mais ces compositions ne sont pas iconoclastes, elles illustrent comme une sorte de désordre. Pourquoi dessiner ce guerrier et cette reine (les deux casanova) sur cette paroi qui n’est pas leur territoire ? N’est-ce pas la scène qui donne sens à l’ensemble ? Le sens de la danse des chamans est clairement une scène d’exorcisme : chasser des démons qui portent atteinte à l’harmonie ou à l’équilibre entre les ethnies avec des techniques ancestrales qui ont fait leur preuve : les éléments les plus signifiants sont les Coix lacrima jobi mises à l’honneur sur le masque du grand chaman, elles sont là pour signifier « excellente récolte » et victoire contre les esprits destructeurs renvoyés à leur cause première. Pour des pourparlers, la seule cause ayant le pouvoir de faire dessiner cette scène est un faux-ami séducteur. Une analogie occidentale de ces « pots-pourris » serait le final du dernier acte de Don Giovanni de Mozart, sa chute en enfer. Je pense que mon analyse est très proche de cette analogie, en raison d’universaux dans les valeurs qui structurent les sociétés humaines et elle devrait être vulgarisée avec l’avis d’experts chinois, pour que la culture de masse découvre une sorte de sagesse méconnue qui incombait aux chaman-e-s.

Pour les « casanova », il ne pouvait y avoir de photos d’archives à l’Institut de Paléontologie Humaine sur ce thème qui relève de l’ethnologie chinoise, je n’avais aucune raison d’en connaître l’existence et d’en posséder la moindre reproduction. Ce n’est pas mon domaine. Je rencontre parfois des « visiteurs d’un soir » dans le hall de l’IPH qui ont franchi le seuil de cette prestigieuse Fondation du Prince Albert 1er de Monaco sans y être conviés et avec une telle précision sur ce sujet, que j’en suis encore subjuguée. D’autant plus que le visage m’est connu mais non l’inverse malgré un échange de politesse réciproque. Il n’y avait rien à trouver. Des investigations approfondies avec des professionnels confirment l’intérêt sur ce genre de représentations, un visiteur peut être entendu pour servir la recherche d’une connaissance objective à la condition de vérifier la fiabilité de sa source. Il n’y a pas de prescription pour des recherches sur d’aussi longues périodes. Enfin, je suis souveraine dans mes décisions à accepter les motivations qui guident un intérêt pour ma recherche.

Pour résumer, avec ces « casanova », ce personnage surajouté en noir qui fait tâche comme dans une galerie d’exposition et le sens des coix lacryma jobi, le dossier est largement suffisant pour intéresser les autorités compétentes et je suis convaincue que ce sont des arguments de poids incontournables pour faire avancer son étude et retrouver la source inspiratrice du personnage noir, qui n’est pas inintéressante. Cette étude est devenue prioritaire car il y a urgence à protéger les œuvres des effets dévastateurs du temps et du climat, les rares collègues chinois qui l’étudient de très près et qui en connaissent les failles et les fragilités, ont conscience de cette priorité. Depuis le colloque de 2014, je suis solitaire de mon côté avec la confiance de mes collègues chinois. Ceux qui n’ont pas cette proximité, ne peuvent avoir la mesure, et moins encore, la conscience des enjeux comme du caractère exceptionnel de la danse des chamans, ils ne sauraient être une référence sur l’avenir d’un tel patrimoine.

Ma fidélité à cette coopération est permanente et j’espère cette convergence inéluctable et rapide. Zhang Pu m’apprend déjà que l’étude de Nuibizhdong est acceptée par le directeur du Bureau des Reliques et du Patrimoine Culturel de Bijie, Mr Zhen, et que le film sur Dahongyan progresse. Tout espoir est permis quand on y croit avec confiance. L’estime de soi après des années d’engagement est une grande source de régénérescence.

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Le Bureau des Reliques et du Patrimoine culturel de Bijie où sont conservés les vestiges des sondages de Nuibizdhong (photo et copyright A. Dambricourt Malassé, mission CNRS 2016)

Visite du Musée d’Art et d’Archéologie de XingYi - Préfecture autonome buyei et miao de Qianxinan (Guizhou), organisée par le vice-président de la Conférence consultative politique de la région autonome du Sud-Ouest du Guizhou et poète, Huang Jian Yong.

Une pierre de Lettré comme animée d’une éternelle étreinte (photo et copyright A. Dambricourt, mission CNRS 2016). Les archéologues des siècles à venir parleront de « manuport ». J’y vois un point infinitésimal dans les sombres profondeurs du cosmos, mais unique par l’émotion universelle que seule la sensibilité humaine pouvait percevoir, un jour ou l’autre, après des millions d’années d’un délicat façonnage. Le sang d’un innocent scelle des vies comme les sangs mêlés d’un serment que rien ni personne ne pourra plus jamais séparer, comme nos larmes bleues mêlées qui jamais ne cessent de couler. Un joyau à recevoir dans un monde pétri d’aspérités, pour imprimer la « rétine de nos cœurs » d’une indicible présence. ADM

Le site personnel est susceptible d’actualisations. J’accorde autant de valeur à Dahongyan qu’à Masol, c’est une réflexion exceptionnelle dans une vie, du premier geste manuel humain jusqu’à cette peinture unique du grand chaman masqué. Ces vestiges d’une très longue humanisation de la réflexion consciente en relation avec les autres organismes, semblent nous avertir d’une dénaturation des sens qui avance à grand pas avec l’expansion invasive des mégapoles, des Smart cities : « En 2050, plus de deux tiers de l’humanité vivra en ville » (Les Echos, mai 2018). Entre l’appauvrissement de la biodiversité, les pollutions océaniques jusqu’aux sommets himalayens, je tente autant que possible de garder la signification du métier de paléoanthropologue : faute de regarder notre identité correctement - celle d’un processus terrestre en cours - à force de donner le change aveuglément à l’exploitation de pastiches d’une théorie darwinienne dépassée, c’est une déshumanisation planétarisée qui se profile. La Terre est notre matrice, nous n’avons pas d’ailleurs et je ne suis qu’une infime goutte d’eau, une toute petite larme bleue devant le désastre de nos civilisations consuméristes.

Sur les bords de la Yarkhun, proche du Pamir, mission « Hindou Kouch » pour le compte du Ministère des Affaires Etrangères, 1996, les plus extraordinaires sensations d’espace et de liberté d’une vie sauvage, photo et copyright A. Dambricourt Malassé.

C- ACTUALITÉS DE MES ACTIVITÉS 2018-2019

La mise à jour est régulière (hebdomadaire si possible) en attente de réponses pour les demandes de budget (missions en Inde terrains et congrès), dates de conférences en France, période de la mission en Chine.

- 31 octobre 2019, Atlantico - 4 millions de lecteurs par mois. https://www.atlantico.fr/decryptage...

- Ecriture d’Embryogenèse et phylogenèse de la posture humaine pour ISTE.

- Depuis octobre 2019 : le projet de musée de préhistoire des Siwaliks.

- Depuis septembre 2019 Encadrement du stage Master 2 de Bastien Bouvier dans le cadre du projet OsCap : la base du crâne et la colonne vertébrale de La Ferrassie 1 (Homo neanderthalensis).

- 11 juin 2019 Soutenance du Master 1 de Bastien Bouvier à l’IPH dans le cadre du projet OsCap.

- 12-13 avril 2019 International Anthropology Colloquium « Who was who, and who did what, where and when ? » Organisateur Pr. Yves COPPENS, invitation de l’Académie pontificale des sciences.

“Hominin activities in the sub-Himalayan floodplain during the late Pliocene”.

- 12 mars 2019 « Origines et avenir de l’Humanité », Institut de Paléontologie Humaine et Mouvement Universel de la Responsabilité Scientifique

Marie-Antoinette de LUMLEY et Anne DAMBRICOURT MALASSÉ « Les maladies des hommes préhistoriques » (remplacement)

- 4 mars 2019 Invitation de Catherine DOLTO au Centre International de Recherche et de Développement de l’Haptonomie Frans Veldman.

Intervention : « L’humanisation intra-utérine »

École doctorale ED227 Muséum national d’Histoire naturelle/PRES Sorbonne Université « Sciences de la Nature et de l’Homme : évolution et écologie ».

21 au 23 mai 2019 .

« Les paradigmes naturalistes des origines d’Homo sapiens du 19ème au 21ème siècle »

Débats

- Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT)

« Former autrement, un défi pédagogique » Bordeaux 4-6 avril 2018.

Table ronde et débat « Le sens de la formation et de l’apprentissage : hier, aujourd’hui demain », 350 auditeurs.

Anne DAMBRICOURT MALASSÉ et André MALICOT, ancien directeur de la formation, des études et de la recherche chez les compagnons du Devoir et du tour de France.

- Edgar MORIN et Anne DAMBRICOURT MALASSÉ

Débat « Sans tabou » : « L’hominisation : passée et présente »

Chaire « Edgar Morin » de la complexité, Essec, invitation. 4 octobre 2017, Paris.

https://www.youtube.com/watch?v=iS6...

- Conférences

- Musée d’Archéologie de Nice, site de Terra Amata « Préhistoire du Monde », 11 octobre 2018. « Une intelligence humaine en bordure de l’Himalaya avant 2,6 millions d’années »

https://www.ceptanice.fr/189+2018-6...

- Coordonnance, Symposium « De Lucy à demain » 21 et 22 septembre 2018. « Les origines de l’Homme debout »

- XVIIIème congrès de l’UISPP, 4-9 juin 2018, Paris

The late Pliocene prehistoric site of Masol (Northwestern India) : new dating of the geological and paleontological context of cut marks and stone tools

Avec Julien Gargani, Pierre Voinchet, Anne Dambricourt-Malassé, Mukesh Singh, Anne-Marie Moigne, Cécile Chapon-Sao, Salah Abdessadok, Alina Tudryn, Dominique Cauche, Baldev Karir, Surinder Pal

https://uispp2018.sciencesconf.org/...

The first chopper in Asian late Pliocene silts, Masol, Northwestern India : bio-lithostratigraphy, magnetostratigraphy and dating evidences

Avec Dominique Cauche, Mukesh Singh, Anne Dambricourt Malassé, Alina Tudryn, Julien Gargani, Salah Abdessadok, Cécile Chapon-Sao, Anne-Marie Moigne, Baldev Karir, Surinder Pal.

https://uispp2018.sciencesconf.org/...

- 19 èmes Journées Lilloises de Neuropédiatrie, « LE CERVELET », invitation, 23 novembre 2017.

« Le redressement du système nerveux dans la lignée des hominidés, nouvelles perspectives cognitives pour le cervelet ».

http://www.neurodev.fr/IMG/pdf/prog...

- Séminaire de recherche de la chaire Edgar Morin de la complexité, Essec, membre du CEMAS – Centre d’Excellence Management et Société, CNIT-La Défense, 8 mars 2018. Invitation et animation.

« Le redressement du système nerveux et l’humanisation des comportements : l’anticipation, un garde-fou pour l’humain en devenir ».

- Radio

Radio Arts-Mada « Le pied à l’étrier » émission animée par Djillali Hadjouis, Séminaire de l’école doctorale du 29-31 mai 2018, 6 juin 2018.

Radio Arts-Mada « Le pied à l’étrier » émission animée par Djillali Hadjouis, La déCouverte de Masol, 13 mars 2018

- Articles

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., CAO , B., YOU, Q., ZHANG, P., 2018. Agro-pastoral rituals and shaman dances of Dahongyan rock painting, Guizhou, Southwestern China, new investigations. In B. Kotlia, ed., Holocene civilization, Quaternary International. https://doi.org/10.1016/j.quaint.20...

Jean-Louis HEIM (1937-2018) in Memoriam

DAMBRICOURT MALASSÉ A., ZHANG P., WILS P., 2018. A new molar in the Middle Pleistocene hominid assemblage of Yanhuidong, Tongzi, South China. Acta Anthropologica Sinica, 37, 1 : 1-17.

DAMBRICOURT MALASSÉ A. 2018. Une mémoire évolutive sous-jacente à l’émergence des symboles, Chap. V. In : Debono M.W. (dir), Mémoires plurielles, mémoire singulières. A l’heure du dataïsme et de l’intelligence artificielle. l’Harmattan, Colloques et Rencontres.

D - LA RECHERCHE ET LES ACTIVITÉS EN DÉTAIL

PLAN

I-1 La recherche : prolégomènes, mots clés, chronologie des thèmes, synthèse

I-2 Activités en laboratoire : les fondamentaux, matériels et méthodes, les collaborations scientifiques et techniques.

I-3 Recherche sur le terrain à l’étranger et directions de programmes de recherche pluridisciplinaire

I-4 L’habilitation à diriger des recherches (HDR 2011) : Les équilibres bipèdes permanents, origine embryonnaire, morphogenèse, équilibre occluso-postural, conséquences pour l’évolution psychomotrice et comportementale des hominidés

I-5 L’École doctorale du Muséum ED 227

I-6 Diffusion des connaissances 2015-2016

I-7 Catégorie d’articles téléchargeables sur Researchgate

1-8 Création d’une association pluridisciplinaire : FREHOPS

I-9 Site personnel

I LA RECHERCHE

Prolégomènes

J’appelle endosquelette, les tissus osseux qui protègent le système nerveux, du tronc cérébral à l’extrémité de la moelle épinière. Il est semi-érigé chez les grands singes actuels (ponginés-paninés), alors qu’il est verticalisé chez Homo sapiens (Homo sapiens Linné 1758 ou l’Homme anatomiquement moderne). La loge cérébelleuse est plus abaissée. Les grands singes actuels ont le même redressement à la naissance, il leur est commun depuis plus de 14 Ma.

La mandibule qui s’articule avec la loge cérébelleuse, est l’os fossile le plus fréquent, ses mesures et les statistiques sont les mieux documentées du registre paléontologique.

J’ai montré à partir des mesures de la mandibule, que ce redressement neural est d’origine embryonnaire et non pas locomoteur (PhD 1987 et publications). Le redressement a été mesuré par des angles grâce à des téléradiographies de crânes secs et les résultats sont des valeurs statistiques qui ne font que confirmer de nombreux travaux antérieurs. L’originalité de ma recherche n’est pas l’angle sphénoïdal mais l’explication de son émergence avec les simiens et de son augmentation jusqu’à sapiens.

Origine de l’abaissement de la loge cérébelleuse chez l’embryon humain. Dambricourt CRAS 1988
Les flèches et les axes sont rajoutés pour visualiser le sens de la cinétique

L’animation de la John Hopkins University, Paidas, Hutchins, Moreale, (2001) montre que le redressement est un processus embryonnaire qui s’achève avant la croissance foetale :

L’embryogenèse ancestrale partagée par les grands singes actuels et fossiles (illustrés par leur mandibule et leur denture quand la base est manquante), est donc plus ancienne que celle d’ espèces dont le tronc cérébral et la moelle épinière sont verticalisés, le cervelet plus abaissé. Ces espèces réunissent Australopithecus, Paranthropus, Kenyanthropus et Homo . Toutes les espèces fossiles d’Homo ont un cervelet plus haut que sapiens.

Ce sont les valeurs angulaires et les coefficients de correlations qui permettent de comprendre qu’une évolution de l’embryogenèse commune aux ancêtres des ponginés et des paninés est à l’origine des homininés, et qu’elle s’est renouvelée entre une espèce du genre Homo et sapiens selon les modalités des équilibres ponctués (et non pas gradualiste). Cette évolution a prolongé le redressement embryonnaire (le tronc cérébral pour la partie céphalique), elle a complexifié l’embryogenèse du système nerveux.

Les conséquences psychomotrices au seuil de la verticalité neurale sont considérables mais ne font pas encore l’objet de recherches systématiques. Pourtant il est nécessaire d’intégrer le redressement du tronc cérébral et la position instable du cervelet dans la compréhension du développement des capacités cognitives. La psychomotricité a nécessairement évolué avec le redressement du système nerveux, et un seuil critique, l’avènement d’une verticalisation interne permanente à partir des homininés (Australopithecinés-Homo).

Depuis plusieurs années, je montre dans mes cours (École doctorale, AgroParisTech, écoles d’ostéopathie) que c’est la position verticalisée du cervelet et ses conséquences psychomotrices qui constituent le rubicon entre les grands singes, Homo, les autres hominiens. C’est le fil directeur de mon HDR.

En définitive, c’est l’ensemble du système nerveux, central et périphérique, qui doit être considéré d’un point de vue anatomo-squelettique et cognitif, et son évolution par rapport à l’axe de gravité du corps depuis les premières semaines de son développement embryonnaire.

Invitée à discuter lors du colloque inter-académique à l’Académie des sciences en 2004 avec Yves Coppens, Brigitte Senut, Michel Brunet et Timoty White, j’ai montré que Ardipithecus et Sahelanthropus ne remettent pas en cause le seuil angulaire du redressement embryonnaire qui distingue un grand singe au SN semi-érigé et un homininé au SN érigé.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., 2006. La question des origines de la lignée humaine : les modèles évolutionnistes confrontés aux fossiles, implications en orthopédie et posturologie. Les Cahiers du Centre d’Étude de l’Ostéopathie de la Posturologie et Sciences Annexes, 4 : 38-57.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., 2010. The relationships between occlusion and posture in the hominid lineage, implications for the transition between Mesolithic and Neolithic populations. Original synthetic article. International Journal of Modern Anthropology, vol. 3 : 14-63.

Mots clés

évolution, hominidae, verticalité endosquelettique, sphénoïde, base du crâne, occlusion dentaire, canaux semi-circulaires, embryogenèse, hétérochronies, neurulation, systèmes dynamiques, contraction cranio-faciale, complexités croissantes du système nerveux, modélisation, effets de seuil et émergence, cervelet, développement psychomoteur et pensée symbolique, conscience réfléchie, hominisation (anatomie liée à la verticalité), humanisation (comportements consécutifs à la verticalisation du système nerveux dès la naissance), Asie continentale (Chine, Inde, Pakistan).

Chronologie des thèmes

- Depuis 1990 : Les origines embryonnaires du redressement du système nerveux depuis le tronc cérébral dans la lignée humaine, ses corollaires cranio-faciaux et psychomoteurs

- Depuis 1995  : Le processus d’hominisation en Asie continentale (Asie centrale et Asie du Sud)

Homo erectus, Homo neanderthalensis, Homo sapiens robustes et graciles

Directions de Missions françaises à l’étranger (Pakistan, Inde), collaborations (Chine)

En 2009 : découverte de la présence d’une espèce hominienne avant 2,6 Ma dans le Haut Bassin de l’Indus, (Siwaliks, Inde)

- Depuis 1996  : L’histoire des théories de l’hominisation dans les sciences naturalistes occidentales de J.B de Lamarck au XXIème siècle.

Synthèse

1982-2019 : 37 années de recherche au Muséum, confirment la découverte des origines embryonnaires du redressement du système nerveux depuis le tronc cérébral, des premiers primates (base du crâne adulte plate) à Homo sapiens, par suite de la complexification de l’organogenèse neurale (embryogenèse) et selon le mode des équilibres ponctués.

Des facteurs dynamiques s’ajoutent aux références classiques de la paléontologie  : génétiques, épigénétiques et fonctionnels. L’approche embryonnaire dynamique apporte des connaissances complémentaires, innovantes et non orthodoxes ou contre-intuitives : la locomotion n’est pas à l’origine du redressement du système nerveux.

I-2 ACTIVITÉS EN LABORATOIRE

LES FONDAMENTAUX

Établie depuis plus de 30 ans à l’Institut de Paléontologie Humaine de Paris, ma recherche bénéficie d’une collection exceptionnelle réunissant la primatologie, l’anthropologie et la paléontologie humaine (originaux et moulages) complétée par celles des départements du Muséum (Musée de l’Homme, Anatomie comparée, Paléontologie).

Je montre que si l’origine des hominidés se définit par l’acquisition de la bipédie permanente, celle-ci n’est pas la cause mécanique post-natale du redressement axial de l’exosquelette selon le modèle de Lamarck (1802) repris par Darwin (1871).

Le redressement concerne le système nerveux central et il précède la naissance, donc la marche. Il est interne, axial et endosquelettique, c’est à dire qu’il s’observe du centre de la base interne du crâne jusqu’au canal médullaire de la dernière vertèbre. J’ai montré que ce redressement est un processus embryonnaire, qui suit la complexification de l’embryogenèse céphalo-caudale du système nerveux (l’axe antéro-postérieur initialement horizontal du tube neural). Cette complexité croissante se traduit à l’extrémité céphalique (le futur encéphale), par des mouvements complexes qui provoquent la brisure de l’axe horizontal de l’embryon à partir du centre de la base du crâne (la loge de l’hypophyse). La partie du tube neural qui se redresse est le tronc cérébral et la moelle épinière, le cervelet suit le mouvement. Cette « brisure » a commencé avec les singes (39 Ma) et elle se mesure avec l’angle sphénoïdal depuis Paul Broca. C’est une des mesures les plus anciennes de l’anatomie comparée des primates et une des plus emblématiques de la phylogenèse de l’espèce sapiens. Sa valeur est bien connue chez les espèces actuelles de primates et elle distingue à la naissance les prosimiens (absence de flexion, y compris Tarsius), les petits singes (début de flexion), les grands singes (redressement plus avancé mais semi-redressé) et Homo sapiens (redressement au stade de la verticalité).

La bipédie permanente est un effet de seuil angulaire, d’origine embryonnaire, lié à une complexification de l’embryogenèse des grands singes. Ce redressement par palier angulaire implique une évolution des gènes homéotiques qui régulent l’embryogenèse (gènes « architectes »), des courants moléculaires entre les cartilages de la base (fibres de collagène) et des changements dans les vitesses de migrations cellulaires (neuroblastes) à l’origine des mouvements complexes du tube neural céphalique.

Pour comprendre l’origine des homininés, ce n’est donc plus en terme de bipédie qu’il convient de raisonner (origine locomotrice - exosquelette), mais en terme de verticalité axiale du système nerveux, du centre de la base du crâne au sacrum (origine neurale-endosquelette). Elle est acquise chez Homo sapiens au terme des 8 semaines du développement de l’embryon. La bipédie permanente en est la conséquence, l’apprentissage psychomoteur d’un équilibre axial désormais verticalisé et plus instable (petite surface du polygone de sustentation, cervelet en position instable) fut nécessairement réorganisé (HDR, 2011). Les extrémités et les articulations du squelette appendiculaire montrent différentes adaptations locomotrices pour une même embryogenèse axiale (ex : Pongo, Pan, Gorilla).

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Acquisition de la banque de données biométriques

- 1 La téléradiographie numérique de crânes : Homme de Cro-Magnon, Homme de Néanderthal de la Chapelle-aux-Saints, coll. Musée de l’Homme ; Homme de Qafzeh, des centaines de crânes humains, de grands singes et de singes, coll. IPH et Anatomie comparée.

- 2 Des scanners 3D  : fœtus humains, Homo neanderthalensis : La Chapelle-aux-Saints, La Ferrassie, La Quina H5, Le Pech de l’Azé des coll. Musée de l’Homme, foetus de Gorille, de crânes de chimpanzés et de moulages, coll. IPH, scanners d’Australopithecus d’Afrique du sud.

Ces acquisitions permettent l’application de protocoles métriques intra et exocrâniens qui corroborent la notion de « cranio-sacral therapy » des ostéopathes s’appuyant sur les dynamiques sphénoïdales (les zones de croissance, ou synchondroses, où les vecteurs de croissance suivent des rotations). Le sphénoïde est l’os impair situé au centre de la base du crâne avec des extensions latérales (les tempes), et au sein duquel s’ordonnent les équilibres entre l’occlusion dentaire et la posture vertébrale avant l’âge de 6 ans (ou éruption de M1, M.J. Deshayes 2013).

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Protocole biométrique des relations morphologiques entre la base du crâne et la face appliqué au Cercopithecidae, à Homo sapiens, aux paninés et aux homininés

Exemple de publications avec comité de lecture, des mesures et des statitistiques (mandibules, base exocrânienne, base endocrânienne) et des protocoles  :

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., MARTIN J.P., de KERVILER, E., 2000. Neural tube, spheno-occipital flexion and semi-circular canals in fossil and modern hominids. Acta Anthropologica Sinica, suppl. Vol. 19 : 82-89.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A., MARTIN, J.P., de KERVILER, E., 2000. Approche biodynamique des angulations de la base du crâne de l’embryogenèse à la morphogenèse postnatale, In : L’identité humaine en question. Nouvelles problématiques et nouvelles technologies en paléontologie humaine et en paléoanthropologie biologique, P. Andrieux, D. Hadjouis, A. Dambricourt Malassé (Eds), Editions Artcom, 24-43.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A. 2002 Nouvelles approches de l’évolution crânienne des Homo erectus de Java. In : Actes du Colloque International « Origine des peuplements et chronologie des cultures paléolithiques dans le Sud-Est asiatique ». Sous la direction de F. Sémah, C. Falguères, D. Grimaud Hervé, A.M. Sémah. Editions Artcom : 377-396.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A. 2005 Un nouvel angle de la base pour une meilleure compréhension de la morphogenèse basi-crânienne des hominidés et des modalités évolutives. In : « Biométrie et anthropologie de la tête, de la face et du cou », Biométrie Humaine et Anthropologie, 23 : 1-2 : 53-62.

DAMBRICOURT MALASSÉ, A. 2010 The relationships between occlusion and posture in the hominid lineage, implications for the transition between Mesolithic and Neolithic populations. Original synthetic article. International Journal of Modern Anthropology, vol. 3 : 14-63.

COLLABORATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES DEPUIS 2011

- L’Université de Technologie de Compiègne (UTC) avec Marie-Christine HOBATHO, ex dir. l’UMR 7338 BioMécanique et BioIngénierie (BMBI), directrice à la Recherche de l’UTC à compter du 1er octobre 2017.

- L’Hôpital Américain de Paris (HAP), Dr. Fabienne LALLOUET, médecin-radiologue. Exploitation de la banque d’imagerie médicale anonymisée (PACS) avec l’autorisation de la direction de l’HAP.

- 1 - Le programme BioMorphos

Reconstitution 3D de la base interne du crâne d’ Homo erectus pekinensis et comparaison biométrique avec les grands singes, Homo sapiens et espèces fossiles Homo erectus et Homo neanderthalensis.

Finalisé en 2019, article en cours de rédaction. J’ai défini un protocole métrique endocrânien afin d’observer les correlations angulaires entre le redressement de la pente sphéno-basilaire et l’orientation des pyramides pétreuses qui constituent la face antérieure de la fosse cérébelleuse et qui conditionnent la position de la mandibule.

Matériels : Homo sapiens, Homo erectus asiatique, Homo neanderthalensis, série ontogénétique de chimpanzé.

Méthodes : scanners

Les règles de la nomenclature sont strictes : elles imposent la conservation de la définition binominale donnée à la première espèce décrite. Depuis Linné, 1758, Homo sapiens définit la seule espèce d’homininé actuelle (Homme anatomiquement moderne), cette définition s’applique à tous les stades depuis l’embryogenèse.

Ce protocole peut s’appliquer à des crânes incomplets tel que de Jebel Irhoud 1 qui a servi à la reconstitution de Jebel Irhoud 10, il permet de vérifier si le redressement embryonnaire est bien celui de sapiens sensu stricto ou si le crâne est toujours au stade d’Homo comme les derniers néandertaliens, car sa loge cérébelleuse est haute.

- 2 - Le programme ECPEC : Etude des conséquences du redressement cérébro-spinal sur le développement psychomoteur des hominidés.

Le projet OsCap : « Ostéologie, capteurs et paléoneurologie »

Master 1 et Master 2 Erasmus Mundus avec Bastien Bouvier

I-3 -RECHERCHE SUR LE TERRAIN A L’ÉTRANGER & DIRECTIONS DE PROGRAMME DE RECHERCHE

Recherches de sites paléoanthropologiques en Asie continentale depuis 1996 (Pakistan, Inde, Chine)

- 1 Le bassin supérieur de l’Indus avec des équipes dont j’assure la direction pour le compte du Ministère des Affaires Étrangères :

Hindou Kouch, Pakistan, 1996-1998

La Mission Archéologique Française au Pakistan « Hindou Kouch »

Avec le département d’Archéologie de l’Université de Peshawar, Claire Gaillard, Jean-Luc Voisin, Alexandre Maitrerobert et Jordi Magraner, étudianT à l’EPHE sous la direction de Jean Chaine.

industrie lithique de Lasht-Savalior- Hindou Kouch
© A. Dambricourt Malassé

Inde du Nord, Pendjab, les Siwaliks, Pendjab, 2003- 2019

Partenaire indien (2008-2019) : la Society for Archaeological and Anthropological Research (SAAR), de Chandigarh, président, Dr. Mukesh Singh.

Direction de la mission préhistorique française « Siwaliks » de l’UMR 7194 depuis 2012 avec le parrainage d’Yves Coppens.

Directrice de la « Mission Archéologique Française en Inde » du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International pendant trois années 2012-2013-2014. La commission consultative des fouilles attend les publications au terme des 4 années pour décider de reconduire ou non, les allocations. L’année 2015 n’a pas été reconduite au motif que Masol ne pouvait pas être un site préhistorique.

Année 2015

Je maintiens l’opération de terrain avec Alina TUDRYN et Julien GARGANI (Géosciences Paris-Sud) (fonds privés).

Je suis Rédacteur en chef invité du fascicule thématique Palevol des Comptes Rendus de l’Académie des sciences, section Paléontologie humaine et Préhistoire : « Human origins in the Indian sub-continent »

Préface Yves COPPENS,

Les articles paraissent en ligne dès la fin de l’année 2015.

L’impression parait en février-mars 2016.

Palevol est une peer-review de niveau international. Les articles publiés par l’Académie des sciences de l’Institut de France font autorité.

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Traces de boucherie sur un métapode de bovidé, 2.6 Ma (copyrigth Dambricourt Malassé)

Les traces sont fossilisées et leurs tailles sont largement supérieures à celle des grains de sable encaissants, le « trampling » n’est certainement pas la cause de ces traces.

PDF de la démonstration de la gestuelle intelligente et intentionnelle :

Démonstration Traces de boucherie

Année 2016

- 24 janvier 2016 : A l’occasion de la visite présidentielle en Inde, le Ministère des Affaires Extérieures (New Delhi), et l’Ambassade de France annoncent la découverte d’activités anthropiques de 2,6 millions d’années dans les piémonts himalayens (traces de boucherie), à Masol, Siwaliks.

- Exposition consacrée à la découverte de Masol sur décision du Gouvernement indien

- Organisation scientifique de l’exposition intitulée par Chandigarh « Redefining Our Past : Tracing The Earliest Human Activity in The World »

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Inauguration de l’exposition sur Masol avec Mukesh SINGH, le Premier Ministre de l’Inde, Narendra MODI et le Président de la République, François HOLLANDE en présence des Ministres Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian, Michel Sapin, Ségolène Royale et Fleur Pellerin.

Voir le détail de la diffusion nationale et internationale sur :

- Site de la Mission, page de l’UMR : http://hnhp.cnrs.fr/?707-Siwaliks-l...

- Site « Siwaliks » : http://siwaliks-hominid.com/

- Grande vulgarisation en langue française : Science et Vie, juillet 2017.

Année 2017

Direction scientifique des opérations de terrain : 11 février au 3 mars 2017 avec le soutien financier de l’ambassade de France en Inde et de l’UMR 7194 : fouille de limons fossilifères et mise en évidence de leur position d’origine (Masol 1) et prospections ; dégagement du premier outil en place dans les limons de plus de 2,6 Ma à une cinquantaine de mètres des traces de boucherie (tibia de bovidé) et nouvelles traces de découpe sur un tibia de grand herbivore.

The Times of India

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Masol 6 Nord, prospection dans les limons fossilifères en cours d’érosion avec Dominique Cauche, Mukesh Singh, Surrinder Pal, photo A. Dambricourt Malassé, février 2017.

Direction des travaux de laboratoire  : paléomagnétisme, datations ESR et par les cosmonucléides, minéralogie des limons de la fouille, technotypologie des artéfact de 2017.

Année 2018

- XVIIIème congrès de l’UISPP, 4-9 juin 2018, Paris

Deux interventions préparées avec les membres de la coopération franco-indienne.

Planification des projets franco-indiens en concertation avec les membres de l’équipe Siwaliks et le parrainage du Pr. Yves Coppens. Projet THEMA avec l’Université Kumaun de Nainital et le Pr. Bahadur Kotlia.

Année 2019

Suite à la restriction des coopérations avec un seul Institut en Inde centrale :

Direction scientifique des opérations de terrain : 19 février au 3 avril 2019 avec la dotation annuelle de l’UMR 7194. Prélèvement d’échantillons pour localiser la limite Tertiaire-Quaternaire, étude lithostratigraphique de nouveaux assemblages paléonto-archéologiques de Masol 6, repérage de localités à fouiller.

Les Implications de la découverte

Cette découverte corrobore l’hypothèse d’une très grande ancienneté de l’émergence du genre Homo parallèle à Australopithecus, celle du Praeanthropus d’Yves Coppens et Brigitte Senut (ou Homo ? ). L’hypothèse s’appuie également sur les données paléontologiques, morphogénétiques et paléo-embryonnaires, relatives à la base du neurocrâne et à la face.

-  2 Chine du Sud-Ouest, Province du Guizhou

Invitation de Mme la Pr. ZHANG Pu, Institut des karsts et recherches montagneuses du Guizhou, Académie des sciences, Guiyang.

Collaboration aux programmes d’expertise, d’études et de valorisation du patrimoine préhistorique de la Province du Guizhou en 2009, 2012, 2014 et 2016.

1 - Avec ZHANG Pu, 2009 à 2019 :

Reprise de l’étude du remplissage de Tongzi (galerie de Yanhuidong) et étude d’une molaire inédite appartenant à une nouvelle lignée humaine asiatique. Mise en évidence de 3 lignées humaines non sapiens avant 240 ka.

Découverte d’un site préhistorique dans la grotte de Nibizhdong (district de Bijie) avec de la faune, de l’outillage lithique et une molaire humaine.

2 - Partenariat de ZHANG Pu avec CAO Bo, Vice-Directeur de l’Institut des Vestiges culturels et d’Archéologie du Guizhou, 2012-2016 :

Expertise avec l’équipe du site rupestre de Dahongyan, la « Grande Falaise Rouge », je propose l’interprétation d’une transmission graphique de traditions chamaniques centrée sur la danse.

Dernière mission en novembre-décembre 2016 :

Objectifs : mise en place d’une coopération pour l’étude de Nuibizdong. Expertise de la collection faunique .

  1. Invitation du Conté de Jiangkou et du district de Lianglou, Objectifs  : expertise de sites en grotte
  2. Le nouveau Muséum provincial du Guizhou : membre d’un comité d’experts pour le patrimoine du Guizhou et l’ouverture de fouilles à Nuibizdong.

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Li, Cao Bo, Zhang Pu, ADM, Han Hong (directeur), You Qiansheng, Cheng (vice-directeur)

Les études de Tongzi et des scènes rupestres de Dahongyan sont publiées.

Le projet d’étude des collectes de la grotte de Nuibizhdong est accepté par le directeur du Bureau des reliques de Bijie pour 2020.

I-4 HABILITATION A DIRIGER DES RECHERCHES juin 2011

avec les félicitations à titre exceptionnel.

Université de Technologie de Compiègne (UTC)- École doctorale « Biomécanique-Bioingénierie ». Directrice Marie-Christine HOBATHO

Les équilibres bipèdes permanents, origine embryonnaire, morphogenèse, équilibre occluso-postural, conséquences pour l’évolution psychomotrice et comportementale des hominidés

HDR 24 juin 2011
Anne Dambricourt Malassé, Marie Christine Ho Ba Tho, Yves Coppens, Sandra Joffroy, Jean Louis Heim, Vincent Fleury, Djillali Hadjouis © Joëlle Dautricourt

http://hnhp.cnrs.fr/IMG/pdf/HDR_Ext...

Vidéo 2015 CNRS de Vincent FLEURY, membre du jury, montrant la réalité des dynamiques embryonnaires qui conditionnent la future organisation cranio-caudale : https://lejournal.cnrs.fr/videos/la...

I-5 L’ECOLE DOCTORALE

De 2007 à 2019 j’ai organisé et animé un séminaire de 18 heures invitant de nombreux chercheurs à présenter leurs recherches en préhistoire et en anthropologie.

http://hnhp.cnrs.fr/?-87-ecole-doct...

Comme d’autres collègues, je ne donne plus suite à cette activité compte tenu du nombre insuffisant de doctorants inscrits.

I-6 DIFFUSION DES CONNAISSANCES 2015-2016

- La Fête de la Science 15 octobre 2016, Institut de Paléontologie Humaine http://www.fondationiph.org/spip.ph...

- Journées Européennes du Patrimoine, 17-18 septembre 2016. Institut de Paléontologie Humaine. Contribution aux conférences présentées par Eva Daschek.

- Journées nationales d’Archéologie 17 et 18 juin 2016, « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? », 4 conférences et présentation des collections de l’Institut de Paléontologie Humaine en partenariat avec la Fondation.

- Visite en anglais des collections de l’Institut de Paléontologie Humaine, avec le Pr. Henry de Lumley, pour la LEAKEY Foundation, 21 mai 2016.

Le Pr. Henry de Lumley et des membres de la Fondation Leakey dans la salle de collection d’anthropologie (photo A. Dambricourt Malassé)

- « Paris Face Cachée » 6 février 2016 « L’Homme fossile » 2 conférences pour l’Institut de Paléontologie Humaine.

- Journées Européennes du patrimoine 2015 : Institut de Paléontologie Humaine, samedi 19 septembre 2015

http://www.fondationiph.org/spip.ph...

- Sixième édition de « La Science de l’Art » : « MEMOIRE »

Collectif pour la culture en Essonne. Conseil départemental de l’Essonne et la Région Île-de-France, Université d’Évry-Val-d’Essonne, 20 novembre 2015.

Colloque : « Mémoires singulières. Mémoires plurielles » suivi d’un débat entre Edgar Morin et Patrick Curmi, Président de l’Université d’Évry.

Intervention : « Une mémoire évolutive sous-jacente à l’émergence des symboles ».

Publication dans les actes du colloque « Mémoires singulières. Mémoires plurielles », l’Harmattan.

Liste des publications 1988-2016

Liste des interventions scientifiques et pays depuis 1988

I-7 LES ARTICLES TÉLÉCHARGEABLES

Sur Researchgate

  • Protocole biométrique de la contraction cranio-faciale, croissance, occlusion, distinction de Sapiens avec les valeurs angulaires de la base du crâne d’origine embryonnaire
  • Rôle de l’embryogenèse, tube neural, base du crâne, canaux semi-circulaires chez l’Homo sapiens, Gorilla, Pan et les espèces fossiles
  • Reconstitution des capacités phonatoires, Néandertaliens
  • Les missions, l’évolution du genre Homo en Asie
  • Macroévolution, phylogenèse, gènes homéotiques, équilibres ponctués, Modélisation, Biologie théorique
  • Intérêt pour l’ostéopathie, la posturologie
  • Comportements rituels

I-8 ASSOCIATION PLURISDISCIPLINAIRE

FREHOPS : Fédération des Recherches sur l’Évolution Humaine, l’Ostéopathie et la Posture au Service de la Santé Association loi 1901, Id. n °W913008541

L’association a été créée pour palier aux notions lacunaires dans l’enseignement de la paléontologie humaine, en embryogenèse, dynamique des fluides, équilibre cranio-palatin, équilibre occluso-postural des structures, apprentissage psychomoteur etc...

I-9 PAGE et SITE PERSONNEL

Site personnel  : www.annedambricourt.com

J’ai crée ce site pour informer le grand public 1° de la réalité d’une découverte scientifique qui concerne notre corps redressé, avec la reconnaissance des pairs les plus autorisés et 2° de la complaisance de rédactions de magazine de vulgarisation à donner le change à des scientifiques non reconnus dans la discipline et aux propos diffamatoires depuis ma conférence au Collège de France en 1996 et agravés en 2005. Je n’ai jamais signé de pétition en juillet 2005 en faveur de l’Intelligent Design, c’est une campagne d’intoxication d’une extrême gravité contre le film-documentaire du réalisateur Thomas Johnson, propagé par le quotidien français Le Monde qui ne vérifie pas ses sources.

« Ce que je vois en tant que scientifique, c’est que, dans cette sorte de mouvement vers une matière toujours plus complexe, toujours mieux organisée, toujours plus consciente, nous traversons d’innombrables vicissitudes, mais qu’une certaine direction, elle, demeure bien respectée, comme un cap. Le mouvement qu’Anne Dambricourt décrit est une réalité, il ne faut pas se voiler la face. Il est tout à fait passionnant de découvrir des mouvements évolutifs dont on n’avait pas encore tenu compte... Qu’il y ait une logique interne, c’est un constat. Quand Anne Dambricourt dit qu’elle voit à l’œuvre une tendance de la nature à se développer dans une certaine direction, je la crois et je l’approuve ». Yves Coppens.

Ces mécanismes renvoient aux sciences de la complexité qui constituent un champ de recherche en biologie théorique et ma recherche s’inscrit dans ce cadre de la recherche fondamentale.

L’expression « dirigé » pour qualifier les processus que je décris sur les très longues durées géologiques n’est pas scientifique et n’a pas de rapport avec l’étude des seuils angulaires de flexion de la base.

Enfin je désavoue tout détournement de ma recherche qu’il soit créationniste, néocréationniste et autres avatars qui expriment par leur posture non seulement une réelle incompréhension de ma recherche, mais aussi un profond mépris à son égard et donc à l’égard de l’humanisation qui est un processus en cours, fragile, à peine compris alors qu’il s’agit de notre identité ici et maintenant bien au-delà de la notion d’espèce, ADM.