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DAMBRICOURT MALASSÉ Anne

Paléoanthropologue, Paléontologie humaine, Chargée de Recherche de première classe au CNRS, Habilitée à diriger des recherches (HDR)

Muséum national d’Histoire naturelle, Département de Préhistoire, UMR 7194 CNRS, Institut de Paléontologie Humaine (IPH)- Fondation Prince Albert 1er de Monaco, 1, rue René Panhard, 75013 Paris Tel : +33 (0)1 43 31 62 91

Courriel : iphadm@mnhn.fr
Biographie  :http://www.annedambricourt.com/biog...

l’UMR 7194 compte une douzaine de paléoanthropologues répartis entre l’Institut de Paléontologie Humaine, le Musée de l’Homme et le CERP de Tautavel http://hnhp.cnrs.fr/?663-Paleoanthr...

Membre de l’Équipe I - Dynamique des premiers peuplements humains

Plaque commémorative de la Grande Galerie de l’Evolution. Chargée en 1995 des vitrines sur les origines de l’Homme

CURSUS

  1. DEA de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI ) en 1983, major de promotion, mention Bien
  2. PhD du Muséum national d’Histoire naturelle, 1987, avec les félicitations du jury à l’unanimité (1ère thèse en paléontologie humaine du Muséum, évolution de la mandibule dans son contexte crânien)
  3. HDR 2011, Université de Technologie de Compiègne, Biomécanique-Bioingénierie avec les félicitations à titre exceptionnel (Accreditation to Direct Research cum laude)
  4. Concours au corps des Directeurs de Recherche, 2017. Thèmes des programmes de recherche : I Le redressement du système nerveux et le rôle du cervelet dans le développement de la cognition et de l’émotion. II Origines et évolution des homininés en Asie depuis 2,6 Ma.

Lettre d’Yves COPPENS

I - RECHERCHES

Objectifs : compréhension des mécanismes évolutifs à l’origine d’ Homo sapiens

Spécialités

  1. en laboratoire, la base du crâne et la face en relation avec le redressement du système nerveux central
  • sur le terrain : contreforts des hauts plateaux d’Asie centrale Pakistan (Hindou Kouch), Inde (Siwaliks), Chine (Yunnan-Guizhou plateau)

L’endosquelette qui protège le système nerveux du tronc cérébral à l’extrémité de la moelle épinière, est verticalisé chez Homo sapiens, et chez les espèces fossiles d’ Homo, chez Australopithecus, Paranthropus et Kenyanthropus. La verticalité est plus avancée chez sapiens. L’endosquelette axial des grands singes est semi-érigé.

J’ai montré à partir de la mandibule que cette verticalisation est d’origine embryonnaire.

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Origine de l’abaissement de la loge cérébelleuse chez l’embryon humain. Dambricourt CRAS 1988
Les flèches et les axes sont rajoutés pour visualiser le sens de la cinétique

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Les conséquences psychomotrices sont considérables mais ne font pas encore l’objet de recherches systématiques. Pourtant il est nécessaire d’intégrer le redressement du tronc cérébral et la position instable du cervelet dans la compréhension du développement des capacités cognitives. La psychomotricité a nécessairement évolué avec le redressement du système nerveux, et un seuil critique, l’avènement d’une verticalisation interne permanente.

mots clés : évolution, hominidae, verticalité endosquelettique, sphénoïde, base du crâne, occlusion dentaire, canaux semi-circulaires, embryogenèse, hétérochronies, neurulation, systèmes dynamiques, contraction cranio-faciale, modélisation, complexités croissantes du système nerveux, cervelet, développement psychomoteur et pensée symbolique, conscience réfléchie, hominisation (anatomie liée à la verticalité), humanisation (comportements consécutifs à la verticalisation du système nerveux dès la naissance), Asie continentale (Chine, Inde, Pakistan).

Thèmes :

- Depuis 1990 : Les origines embryonnaires du redressement du système nerveux depuis le tronc cérébral dans la lignée humaine, ses corollaires cranio-faciaux et psychomoteurs

- Depuis 1995  : Le processus d’hominisation en Asie continentale (Asie centrale et Asie du Sud)

Homo erectus, Homo neanderthalensis, Homo sapiens robustes et graciles

Directions de Mission de terrain (Pakistan, Inde), collaborations (Chine)

En 2009 : découverte de la présence d’une espèce humaine ou hominienne dès 2,6 Ma dans le Haut Bassin de l’Indus, (Siwaliks, Inde)

- Depuis 1996  : L’histoire des théories de l’hominisation dans les sciences naturalistes occidentales de J.B Lamarck au XXIème siècle.

Les articles sont téléchargeables sur researchgate https://www.researchgate.net/profil...

Synthèse

1982-2017 : 35 années de recherche au Muséum, confirment la découverte des origines embryonnaires du redressement du système nerveux depuis le tronc cérébral, des premiers primates (base du crâne adulte plate) à Homo sapiens, par suite de la complexification de l’organogenèse neurale (embryogenèse) et selon le mode des équilibres ponctués.

Des facteurs dynamiques s’ajoutent aux références classiques de la paléontologie : génétiques, épigénétiques et fonctionnels. L’approche embryonnaire dynamique apporte des connaissances complémentaires, innovantes et non orthodoxes ou contre-intuitives : la locomotion n’est pas à l’origine du redressement du système nerveux.

Propos d’ Yves Coppens, 2010, Professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, membre du jury de l’HDR (2011)

Ce que dit Anne Dambricourt-Malassé est scientifiquement solide. Je trouve ces recherches des plus stimulantes, son discours est d’une grande qualité.

J’ai rappelé que la base du crâne (le sphénoïde et le basi-occipital) se forme plate chez les embryons de primates, comme chez n’importe quel vertébré. J’ai retrouvé les travaux de Levi (1900) qui décrit chez l’embryon d’ Homo sapiens, le passage de la forme plate à la forme « coudée » ; il décrit la rotation du sphénoïde suivi du redressement du basi-occipital qui conditionne la position du trou occipital. Levi n’en avait pas expliqué le mécanisme. Je montre depuis ma thèse (1987), que c’est l’enroulement du tube neural (futur encéphale) qui provoque ces cinétiques : la cause du redressement axial est interne et non pas externe (locomotrice, cf Lamarck et Darwin et des scénarios encore répandus en préhistoire) et phylogénétique. Cette découverte, car c’en est une, a été publiée en avril 1988 dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, après sa présentation par le paléontologue Jean Piveteau, en séance hebdomadaire.

Ces relations dynamiques et les cinématiques associées, sont confirmées depuis 2001 par la vidéo ci-dessous : l’écrasement du ventricule 4 chez Homo sapiens au stade 19 de l’embryogenèse, puis le redressement de la tête, entraînent la verticalisation de la base postérieure du crâne (dès le centre de la base du crâne, en arrière de l’hypophyse) (animation John Hopkins University, Paidas, Hutchins, Moreale, 2001) :

http://virtualhumanembryo.lsuhsc.ed...

Chez Homo sapiens, la position du trou occipital est en place à 8 semaines intra-utérine, bien avant le redressement de la tête. Cette position est la conséquence de la rotation du complexe sphénoïde postérieur-basioccipital. Ce complexe se nomme alors clivus ou pente sphéno-basilaire.

Homo sapiens a le trou occipital le plus abaissé de tous les primates ; les espèces plus anciennes définissent le genre Homo, elles ont en commun un trou occipital plus haut à cause d’une pente sphéno-basilaire moins redressée. Chez l’Australopithèque, la pente est redressée mais différemment. L’endosquelette axial est vertical, l’équilibre psychomoteur est celui d’une bipédie au sol exclusive, il est contraint par la structure acquise avant la naissance.

J’ai observé ces pentes à l’aide de téléradiographies ou de scanners de spécimens d’Homo neanderthalensis, d’Homo erectus, d’ Homo heidelbergensis, la position du clivus et du trou occipital est plus haute que Sapiens, autrement dit, elle correspond au redressement embryonnaire qui précède Sapiens.

Chez les grands singes orangs-outans, gorilles et chimpanzé, à la naissance le clivus est incliné vers l’arrière, le trou occipital est donc encore plus haut. Leur endosquelette axial montre le même degré de redressement embryonnaire, moins avancé qu’Homo et les Australopithécinés. Ensuite, après la naissance, l’ensemble remonte, c’est la « bascule occipitale » négative des primatologues et formalisée mathématiquement par Delattre et Fenart (1960). L’équilibre axial est alors porté par les quatre membres, l’équilibre bipède bien présent chez l’enfant, devient occasionnel avec la croissance.

Cette dynamique interne a donc au moins 20 millions d’années, c’est elle qui est à l’origine de la dynamique interne des hominidés sensu-stricto : en équilibre bipède exclusif (Brigite Senut). Cette communauté de STRUCTURE INTERNE est donc première dans l’ontogenèse, elle n’est pas prise en compte dans les critères taxonomiques. On lui préfère des structures plus tardives dans le développement fœtal, comme la forme interne de la voûte qui épouse celle des lobes du cerveau (télencéphalisation de Teilhard, Weidenreich, J. Anthony).

Ce n’est pourtant pas la croissance du cerveau qui peut expliquer la position reculée du cervelet des néandertaliens, ce sont les modalités de croissance des synchondroses du sphénoïde et du basi-occipital dès la neurulation.

Très peu d’articles montrent la région endocrânienne de la base d’une espèce fossile. Lorsqu’un scanner est publié, le degré de redressement se voit facilement, il est cohérent avec la structure basicranienne et faciale du fossile liée au redressement. Cette unité structurelle s’objective par des angles exocrâniens (ex : frontalisation des rochers, ouvertures angulaires de l’arc dentaire, angle d’inclinaison de la symphyse mandibulaire).

Dès les premières publications d’Homo floresiensis, les scanners montraient un redressement d’ Homo habilis cohérent avec la structure basi-cranio-faciale. Celle-ci est donc mise en place au cours du développement intra-utérin et ce n’est pas celui d’ Homo sapiens.

Pour savoir si un crâne, quel que soit le stade de sa croissance, est un Homo sapiens ou non, il suffit d’appliquer la diagnose qui suit la chronologie du développement. Si l’angle du redressement embryonnaire axial et les angles qui en sont tributaires dans le plan transversal, sont différents d’ Homo sapiens, le seuil de rotation qui le caractérise n’a pas été dépassé. La forme de la voûte et sa capacité ne suffisent pas à la diagnose.

Depuis plusieurs années, je montre dans mes cours (École doctorale, AgroParisTech, écoles d’ostéopathie) que c’est la position verticalisée du cervelet et ses conséquences psychomotrices, qui constituent le rubicon entre Homo et autres hominiens. C’est le fil directeur de mon HDR.

En définitive, c’est l’ensemble du système nerveux, central et périphérique, qui doit être considéré d’un point de vue anatomo-squelettique et cognitif, et son évolution dès les premières semaines de son développement embryonnaire.

Habilitation à Diriger des Recherches, juin 2011 avec les félicitations à titre exceptionnel.

Université de Technologie de Compiègne (UTC)- École doctorale « Biomécanique-Bioingénierie ». Directrice Marie-Christine HOBATHO

Les équilibres bipèdes permanents, origine embryonnaire, morphogenèse, équilibre occluso-postural, conséquences pour l’évolution psychomotrice et comportementale des hominidés

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HDR 24 juin 2011
Anne Dambricourt Malassé, Marie Christine Ho Ba Tho, Yves Coppens, Sandra Joffroy, Jean Louis Heim, Vincent Fleury, Djillali Hadjouis © Joëlle Dautricourt

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http://hnhp.cnrs.fr/IMG/pdf/HDR_Ext...

Vidéo 2015 CNRS de Vincent FLEURY, membre du jury, montrant la réalité des dynamiques embryonnaires qui conditionnent la future organisation cranio-caudale : https://lejournal.cnrs.fr/videos/la...

II - ACTUALITÉS 2017

- Le détail de la recherche en laboratoire est développé en III ACTIVITÉS EN LABORATOIRE
- Le détail de la recherche sur le terrain est développé en VI - MISSION A L’ÉTRANGER
- Le détail des séminaires de l’ÉCOLE DOCTORALE que j’organise et anime : http://hnhp.cnrs.fr/?-87-ecole-doct...

Le prochain : 16 au 18 mai 2017 à l’IPH :

  • ACTUALITÉS EN LABORATOIRE

Je mets au point un protocole métrique endocrânien afin d’observer les corrélations angulaires entre le redressement de la pente sphéno-basilaire et l’orientation des différents os qui constituent la fosse cérébelleuse et conditionnent la position de la mandibule.

Matériels : Homo sapiens, Homo erectus asiatique, série ontogénétique de chimpanzé

Méthodes : scanners

  • ACTUALITÉS DES RECHERCHES SUR LE TERRAIN : ASIE

Chine du sud, Province du Guizhou du 10 novembre au 6 décembre 2016. Chargée de mission.

  1. Invitation du Pr. Zhang Pu, Institut des karsts et recherches montagneuses du Guizhou, Académie des sciences, Guiyang. Objectifs : mise en place d’une coopération pour l’étude d’un site en grotte, district de Bijie. Expertise de collections.
  2. Invitation du Conté de Jiangkou et du district de Lianglou, Objectifs  : expertise de sites en grotte
  3. Le nouveau Muséum provincial du Guizhou : membre d’un comité d’experts pour le patrimoine du Guizhou.

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Li, Cao Bo, Zhang Pu, ADM, Han Hong (directeur), You Qiansheng, Cheng (vice-directeur)

Inde du Nord, Pendjab, site de Masol

Direction de la mission préhistorique « Siwaliks » depuis 2012 avec le parrainage d’Yves Coppens. Partenaire indien : la Society for Archaeological and Anthropological Research (SAAR), de Chandigarh, président, Dr. Mukesh Singh.

- 11 février au 3 mars 2017, avec le soutien de l’ambassade de France en Inde : fouille de limons fossilifères en place (Masol 1) et prospections ; dégagement du premier outil en place dans les limons de plus de 2,6 Ma à une centaine de mètres des traces de boucherie (tibia de bovidé) et nouvelles traces de découpe sur un tibia de grand herbivore.

The Times of India

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Masol 6 Nord, prospection dans les limons fossilifères en cours d’érosion avec Dominique Cauche, Mukesh Singh, Surrinder Pal, photo A. Dambricourt Malassé, février 2017.

Chef de la « Mission Archéologique Française en Inde » du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International 2012-2014.

- 24 janvier 2016 : A l’occasion de la visite présidentielle en Inde, le Ministère des Affaires Extérieures (New Delhi), et l’Ambassade de France, annoncent la découverte d’activités anthropiques de 2,6 millions d’années dans les piémonts himalayens (traces de boucherie), à Masol, Siwaliks.

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Traces de boucherie sur un métapode de bovidé, 2.6 Ma (copyrigth Dambricourt Malassé)

Les traces sont fossilisées et leurs tailles sont largement supérieures à celle des grains de sable encaissants, le « trampling » n’est certainement pas la cause de ces traces.

PDF de la démonstration de la gestuelle intelligente et intentionnelle :

Démonstration Traces de boucherie

« Le premier ministre Narendra Modi et le président François Hollande ont félicité l’équipe franco-indienne pour les travaux de recherche communs ayant mené à cette découverte. Ils ont souligné que la réussite de cette collaboration bilatérale témoignait des liens culturels de longue date et du partenariat fructueux existant entre les deux pays dans les domaines de la découverte, de la préservation et de la promotion du patrimoine culturel commun. Ils ont souhaité que ces travaux donnent un nouvel élan aux projets de recherche communs à l’avenir. »

Ministère des Affaires Extérieures de l’Inde et Ambassade de France en Inde 24 janvier 2016

- Publications : Comptes Rendus Palevol- Académies des sciences section Paléontologie humaine et Préhistoire

Rédacteur en chef invité du fascicule thématique : « Human origins in the Indian sub-continent »  : http://www.em-consulte.com/revue/PA...

Préface Yves COPPENS,

- Site de la Mission, page de l’UMR : http://hnhp.cnrs.fr/?707-Siwaliks-l...

- Site « Siwaliks » : http://siwaliks-hominid.com/

- Exposition consacrée à la découverte de Masol

Sur une décision du Gouvernement indien avec le choix du lieu en relation avec Le Corbusier:le Government Museum & Art Gallery de Chandigarh dessiné par l’architecte

- Organisation scientifique de l’exposition intitulée par Chandigarh « Redefining Our Past : Tracing The Earliest Human Activity in The World »

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Inauguration le 24/01/2016 - Présentation de l’exposition sur Masol avec Mukesh SINGH au Premier Ministre de l’Inde, Narendra MODI et au Président de la République, François HOLLANDE en présence des Ministres Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian, Michel Sapin, Ségolène Royale et Fleur Pellerin.

Reportage de l’ Elysée http://www.dailymotion.com/video/x3o4vki

Diffusion

  • Annonce officielle des deux Etats : 24 janvier 2016

- Ministère des Affaires Extérieures de l’Inde : http://mea.gov.in/press-releases-fr...

- Département scientifique de l’ambassade de France en Inde : http://www.frenchscienceindia.org/i...

- Communiqué de presse du Muséum national d’Histoire naturelle http://www.museedelhomme.fr/sites/m...

- http://www.hominides.com/html/actua...

- http://www.hominides.com/html/actua...

Voir le détail de la diffusion nationale et internationale sur

- Site de la Mission, page de l’UMR : http://hnhp.cnrs.fr/?707-Siwaliks-l...

- Site « Siwaliks » : http://siwaliks-hominid.com/

- Récente grande vulgarisation : Science et Vie, juillet 2017.

Les Implications

Cette découverte corrobore l’hypothèse d’une très grande ancienneté de l’émergence du genre Homo parallèle à Australopithecus, celle du Praeanthropus d’Yves Coppens et Brigitte Senut (ou Homo ? ). L’hypothèse s’appuie également sur les données paléontologiques, morphogénétiques et paléo-embryonnaires, relatives à la base du neurocrâne et à la face. Les Paranthropes d’Afrique de l’Est - Paranthropus boisei - KNM ER 406 au Kenya et OH 5 en Tanzanie, sont deux exemples d’évolutions embryonnaires parallèles et plus tardives (post-sphénoide très redressé par rapport à Australopithecus et Homo).

Si l’origine d’une diffusion africaine rencontrait des difficultés, l’hypothèse d’un foyer en Asie à l’origine de ces hominiens n’en serait pas moins concevable ; Masol est à 80 km de localités paléontologiques miocènes (7-8 Ma) riches en espèces de grands singes (Sivapithecus, Indopithecus) mais ultra-compressées dans le Bas Himalaya ; la complexité croissante de l’embryogenèse neurale (système nerveux central) étant la cause du redressement, les liens de causalité avec le phénomène planétaire du refroidissement climatique étant encore incompris, il devient intéressant d’envisager un « buissonnement » de complexités croissantes à l’échelle des tropiques ; des lignées de tailleurs d’outils se sont éteintes par la suite comme Australopithecus et Paranthropus, ce qui aurait pu être le cas en Asie.

Quelle que soit l’hypothèse, il est désormais nécessaire de replacer les fossiles humains africains et asiatiques du Pléistocène inférieur dans ce nouveau contexte. Si des extensions de populations sont admises dans le sens Afrique de l’Est-Asie avant 2,6 Ma pour justifier Masol et Longgupo (Chine) à 2,5 Ma, elles peuvent être acceptées dans le sens sud de l’Asie-Afrique de l’Est dès 2,6 Ma.

Il conviendra de garder à l’esprit une plus grande complexité des liens phylogénétiques entre la plus vieille espèce africaine du genre Homo d’au moins 3 Ma, et un fossile africain plus récent que 2,6 Ma. Certains pourraient bien dériver d’ancêtres asiatiques.

III- ACTIVITÉS EN LABORATOIRE

Établie depuis plus de 30 ans à l’Institut de Paléontologie Humaine de Paris (IPH, Fondation Prince Albert 1er de Monaco), ma recherche bénéficie d’une collection exceptionnelle réunissant la primatologie, l’anthropologie et la paléontologie humaine (originaux et moulages) complétée par celles des départements du Muséum (Musée de l’Homme, Anatomie comparée, Paléontologie).

Les laboratoires et collections de l’IPH : http://www.fondationiph.org/spip.ph...

Je montre que si l’origine des hominidés se définit par l’acquisition de la bipédie permanente, celle-ci n’est pas la cause mécanique post-natale du redressement axial exo-squelettique selon le modèle de Lamarck (1802) repris par Darwin (1871), mais une conséquence axiale endo-squelettique (de la base interne du crâne à la dernière vertèbre) de la complexification de l’embryogenèse céphalo-caudale (tête-bassin) du système nerveux (tube neural) ; Elle a commencé avec les singes (39 Ma), suite à une évolution des gènes homéotiques qui la régulent (gènes « architectes »), des courants moléculaires (fibres de collagène) et des migrations cellulaires (neuroblastes).

Ce n’est donc plus en terme de bipédie qu’il convient de raisonner (origine locomotrice - exosquelette), mais en terme de verticalité axiale du système nerveux, du centre de la base du crâne au sacrum (origine neurale-endosquelette). Elle est acquise chez Homo sapiens au terme des 8 semaines du développement de l’embryon. La bipédie permanente en est la conséquence, l’apprentissage psychomoteur d’un équilibre axial désormais verticalisé et plus instable (petite surface du polygone de sustentation, cervelet en position instable) fut nécessairement réorganisé (HDR, 2011). Les extrémités et les articulations du squelette appendiculaire montrent différentes adaptations locomotrices pour une même embryogenèse axiale (ex : Pongo, Pan, Gorilla).

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Acquisition de la banque de données

- 1 La téléradiographie numérique de crânes : Homme de Cro-Magnon, Homme de Néanderthal de la Chapelle-aux-Saints, coll. Musée de l’Homme ; Homme de Qafzeh, des centaines de crânes humains, de grands singes et de singes, coll. IPH et Anatomie comparée.

- 2 Des scanners 3D  : fœtus humains, coll. Musée de l’Homme, foetus de Gorille, de crânes de chimpanzés et de moulages, coll. IPH, scanners d’Australopithecus d’Afrique du sud.

Ces acquisitions permettent l’application de protocoles métriques intra et exocrâniens qui corroborent la notion de « cranio-sacral therapy » des ostéopathes s’appuyant sur les dynamiques sphénoïdales (les zones de croissance, ou synchondroses, où les vecteurs de croissance suivent des rotations). Le sphénoïde est l’os impair situé au centre de la base du crâne avec des extensions latérales (les tempes), au sein duquel s’ordonnent les équilibres entre l’occlusion dentaire et la posture vertébrale.

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Protocole biométrique des relations morphologiques entre la base du crâne et la face appliqué à Homo sapiens, aux grands anthropoïdes et aux hominidés, Dambricourt Malassé, 1999, 2011

IV COLLABORATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

Université de Technologie de Compiègne (UTC), membre fondateur de Sorbonne-Universités, avec l’UMR 7338 BioMécanique et BioIngénierie (BMBI) (Dir. Marie-Christine HOBATHO, Dir. de l’HDR 2011) :

- I : Reconstitution 3D de la base interne du crâne d’ Homo erectus pekinensis

- II : Test des corrélations entre le degré de verticalisation du clivus (support du tronc cérébral) et la conformation du fémur chez les grands singes, Homo sapiens et Homo neanderthalensis.

V - DIRECTION DE PROGRAMME DE RECHERCHE

Direction de la Mission Préhistorique Française en Inde « Siwaliks », avec le parrainage d’ Yves COPPENS depuis 2012.

VI - MISSION A L’ÉTRANGER

Recherches de sites paléoanthropologiques en Asie continentale depuis 1996 (Pakistan, Inde, Chine) :

- 1 Dans le bassin supérieur de l’Indus avec des équipes dont j’assure la direction pour le compte du Ministère des Affaires Étrangères :

Hindou Kouch, Pakistan, 1996-1998

industrie lithique de Lasht-Savalior- Hindou Kouch
© A. Dambricourt Malassé

Les Siwaliks, Punjab, Inde, 2003- actuel (direction 2012-2016)

Vue sur l'anticlinal fossilifère de Masol © A. Dambricourt Malassé {JPEG}

Vue sur l’anticlinal pliocène fossilifère de Masol, © A. Dambricourt Malassé

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Collecte de fossiles pliocènes avec des villageois de Masol en 2015 © A. Dambricourt Malassé

- 2 En Chine du Sud depuis 2009 : collaboration aux programmes d’expertise, d’études et de valorisation du patrimoine préhistorique de la Province du Guizhou avec : Pr. ZHANG Pu (Institut des karts et ressources montagneuses du Guizhou, Académie des sciences du Guizhou) en partenariat avec CAO Bo (Institut des Vestiges culturels et d’Archéologie du Guizhou). Membre du comité d’experts du Muséum provincial du Guizhou depuis novembre 2016.

publications 2014 : http://quaternaire.revues.org/7078

http://plasticites-sciences-arts.or...

documentaire : l’art rupestre du Guizhou, You Qiansheng, 2016

VII ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

- Semaine européenne ATHENS- Agro-Paris-Tech « Des neurones à la conscience », mardi 17 novembre 2015

« Origine de l’Homme, distinguer bipédie et verticalité pour mieux les unir »

- Ecole doctorale ED 227 du Muséum national d’Histoire naturelle : 24 au 26 mai 2016 Organisation et animation du séminaire de 18 heures « Origine et évolution du genre Homo en Asie depuis 2,6 millions d’années »

http://hnhp.cnrs.fr/?-87-ecole-doct...

VIII DIFFUSION DES CONNAISSANCES

- La Fête de la Science 15 octobre 2016, Institut de Paléontologie Humaine

Proposition et coordination de la projection d’un film documentaire « L’étincelle de l’Art », et animation d’un débat entre l’auteur, Isabelle Chemin et le directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine, Henry de Lumley. http://www.fondationiph.org/spip.ph...

- Journées Européennes du Patrimoine, 17-18 septembre 2016. Institut de Paléontologie Humaine. Contribution aux conférences présentées par Eva Daschek.

- Journées nationales d’Archéologie 17 et 18 juin 2016, « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? », 4 conférences et présentation des collections de l’Institut de Paléontologie Humaine en partenariat avec la Fondation. http://www.fondationiph.org/spip.ph...

- Visite en anglais des collections de l’Institut de Paléontologie Humaine, avec le Pr. Henry de Lumley, pour la LEAKEY Foundation, 21 mai 2016.

Le Pr. Henry de Lumley et des membres de la Fondation Leakey dans la salle de collection d’anthropologie (photo A. Dambricourt Malassé)

- « Paris Face Cachée » 6 février 2016 « L’Homme fossile » 2 conférences pour l’Institut de Paléontologie Humaine.

- Journées Européennes du patrimoine 2015 : Institut de Paléontologie Humaine, samedi 19 septembre 2015

http://www.fondationiph.org/spip.ph...

- Sixième édition de « La Science de l’Art » : « MEMOIRE »

Collectif pour la culture en Essonne. Conseil départemental de l’Essonne et la Région Île-de-France, Université d’Évry-Val-d’Essonne, 20 novembre 2015.

Colloque : « Mémoires singulières. Mémoires plurielles » suivi d’un débat entre Edgar Morin et Patrick Curmi, Président de l’Université d’Évry.

Intervention : « Une mémoire évolutive sous-jacente à l’émergence des symboles ».

Publication dans les actes du colloque.

IX PUBLICATIONS 2015 et 2014

  • A. DAMBRICOURT MALASSÉ , Rachna RAJ, S. SHAH, 2015. Orsang Man : a robust Homo sapiens in Central India with Asian Homo erectus features. In A. R. Sankhyan, Recent Discoveries and Perspectives in Human Evolution, British Archaeological Record, International Series 2719, Oxford, 87-92.
  • TOURÉ C. O., DAMBRICOURT MALASSÉ A., 2015. Preliminary results on the first paleontological, anthropological and archaeological Pleistocene locality in Adrar, Mauritania. In A. R. Sankhyan, Recent Discoveries and Perspectives in Human Evolution, British Archaeological Record, International Series 2719, Oxford, 81−86.
  • ZHANG P., DAMBRICOURT MALASSÉ A., CAO Z., LALLOUET F., 2014 Le potentiel paléoanthropologique et archéologique du karst de Yanhuidong (Tongzi), Province du Guizhou, Chine du sud. Quaternaire, 25, 3 : 271-285.
  • DAMBRICOURT MALASSÉ A., 2014 La théorie synthétique de l’évolution de Pierre Teilhard de Chardin, son origine naturaliste, son actualité en sciences humaines, ses questionnements ontologiques implicites. In : Les sciences face à la Création, Éditions de l’Emmanuel, Presse Universitaire de l’ICES : 249-315.

Liste des publications 1988-2016

Liste des interventions scientifiques et pays depuis 1988

X HONORIFIQUES, PRIX

  • Médaille de l’Académie des Sciences, des Arts et Belles Lettres de Caen - Institut de France, remise à l’occasion de la conférence « Les racines embryonnaires du processus d’hominisation », septembre 1997.
  • Actes du colloque « L’identité humaine en question », 2000, Prix de l’Académie nationale de Chirurgie dentaire 2002 avec Philippe ANDRIEUX et Djillali HADJOUIS

XI LES ARTICLES TÉLÉCHARGEABLES

  • Protocole biométrique de la contraction cranio-faciale, croissance, occlusion, distinction de Sapiens avec les valeurs angulaires de la base du crâne d’origine embryonnaire
  • Rôle de l’embryogenèse, tube neural, base du crâne, canaux semi-circulaires chez l’Homo sapiens, Gorilla, Pan et les espèces fossiles
  • Reconstitution des capacités phonatoires, Néandertaliens
  • Les missions, l’évolution du genre Homo en Asie
  • Macroévolution, phylogenèse, gènes homéotiques, équilibres ponctués, Modélisation, Biologie théorique
  • Intérêt pour l’ostéopathie, la posturologie
  • Comportements rituels

XII ASSOCIATION PLURISDISCIPLINAIRE

FREHOPS : Fédération des Recherches sur l’Evolution Humaine, l’Ostéopathie et la Posturologie au Service de la Santé

Président d’Honneur : Yves COPPENS

Président Fondateur : Bernard AUTET (fondateur de l’Institut Toulousain d’Ostéopathie)

Vices-Présidentes Fondatrices : Anne DAMBRICOURT MALASSÉ et Sandra JOFFROY (Vice Doyen de l’Université de Toulouse III, Paul Sabatier)

Secrétaire général : Djillali HADJOUIS (Laboratoire Départemental d’Archéologie du Val-de-Marne)

L’association a été créée pour palier aux notions lacunaires dans l’enseignement de la paléontologie humaine, en embryogenèse, dynamique des fluides, équilibre cranio-palatin, équilibre occluso-postural des structures, apprentissage psychomoteur etc...

XIII PAGE et SITE PERSONNEL

page Anne Dambricourt Malassé google+ :

https://plus.google.com/11834593205...

Site personnel  : www.annedambricourt.com

Pour que la vérité historique soit correctement écrite (et non pas réinventée de manière diffamatoire, seule source d’inspiration d’un mémoire de Master 2016 de Lyon 1). Il existe une réelle découverte et une réalité historique à vouloir la nier depuis l’invitation d’Yves Coppens à la présenter au Collège de France en mars 1996, par une instrumentalisation des médias et sans qu’aucun contradicteur ne soit en mesure d’apporter une contre-démonstration publiée, pas l’ombre d’un article depuis 20 ans !