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Environnements holocènes en Tunisie

par Laurent Crepin - publié le

Des recherches préhistoriques et paléoécologiques sont menées au Maghreb oriental. Les nombreux sites archéologiques témoignent de l’attractivité de cette région pour les sociétés préhistoriques. Du point de vue climatique, le domaine semi-aride sud-méditerranéen est sous le double effet du système nord-atlantique et du système tropical de mousson du Nord de l’Afrique. Les interactions entre ces deux systèmes climatiques impactent les circulations atmosphériques et influent sur la température, mais surtout sur le régime des précipitations qui est le paramètre déterminant dans la distribution de la végétation pour ces régions semi-arides.

La Tunisie centrale constitue une Zone Atelier privilégiée pour étudier cette problématique des relations Hommes/milieux. Ce territoire, à l’interface entre les climats arides et chauds et des climats plus tempérés et humides est extrêmement vulnérable à l’évolution des températures et de l’aridité. La période d’instabilité climatique tardiglaciaire et holocène a profondément modifié les écosystèmes nord-africains, mais à ce jour la dynamique des écosystèmes steppiques et forestiers de la végétation tunisienne reste encore mal connue dans le secteur de la Dorsale tunisienne et des Hautes Steppes et Basses Steppes de la Tunisie centrale. A ces modifications du couvert végétal en réponse au changement climatique se superposent les effets de l’anthropisation, avec l’impact des premières sociétés néolithiques sur l’environnement sous l’action de déforestation localisée ou d’incendies contrôlés. Il est usuellement admis que le Néolithique du Maghreb oriental se caractériserait par une certaine continuité épipaléolithique capsienne. Toutefois il apparaît que les fonctionnalités des sites épipaléolithiques et néolithiques reflètent une exploitation différentielle du territoire et des ressources disponibles. L’hypothèse d’un changement culturel corrélé avec le changement environnemental et climatique abrupt de l’épisode 8200 cal BP a été émise. Carottage dans la sebkha Kelbia.

Pour développer cette recherche, un secteur d’étude englobant tout le versant méridional de la Dorsale tunisienne et constituant un hydrosystème complet sur un transect ouest-est allant des reliefs atlasiques semi-arides jusqu’au littoral de la Méditerranée a été ciblé. Des collaborations nationales (LAMPEA UMR 7269 CNRS) ainsi qu’avec des équipes tunisiennes (Institut National du Patrimoine, Laboratoire CGMED-Université de Tunis, Laboratoire BICADE-Université de Manouba) sont engagées pour augmenter le corpus des données archéologiques (Doukanet el Khoutifa, Halk el Menjel) et paléoécologiques (archives sédimentaires des paléo-sebkha de Kasserine, sebkha Kelbia et sebkha-lagune Halk el Menjel). Les informations multidisciplinaires décriront les conditions locales de la sédimentation, ainsi que les réponses aux changements climatiques globaux survenus au Quaternaire. Le croisement de ces résultats avec les vestiges archéologiques mis au jour sur les reliefs atlasiques contribuera à la connaissance des comportements de subsistance des Homininés se déplaçant dans ces écosystèmes extrêmement sensibles aux variations de l’aridité.