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Philippines - Tabon Cave

publié le , mis à jour le

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La grotte de Tabon (Palawan, Philippines)

L’île de Palawan, véritable trait d’union entre les archipels philippin et indonésien, se situe au cœur des problématiques sur les migrations humaines en Asie du Sud-Est insulaire. Les datations directes effectuées sur les fossiles humains de Tabon (âges compris entre 16,5 et 50 ka environ : Dizon et al., 2002 ; Détroit et al., 2004) indiquent qu’ils font partie des plus anciens Homo sapiens connus à ce jour en Asie du Sud-Est. Ces premiers travaux ont débouché sur projet collaboratif à plus long terme, incluant l’étude systématique et exhaustive des collections mise au jour à Tabon (notamment restes humains et lithique) et de nouveaux travaux de terrain sur le complexe karstique de la Lipuun Point.

Palawan fossil Hominids : oldest Homo sapiens in Island Southeast Asia ?

S’inscrivant dans le renouveau de l’archéologie dite « tropicale » en Asie du Sud-Est, le projet Palawan fossil Hominids : oldest Homo sapiens in Island Southeast Asia ? a été établi en collaboration avec les partenaires Philippins (National Museum of the Philippines et Archaeological Studies Programm de l’University of the Philippines) et les partenaires du programme Asia-Link HOPsea. Il se concrétise aujourd’hui par :

- la reprise de façon systématique et « moderne » des fouilles de la grotte de Tabon où ont été mis au jour il y a plus de 40 ans les restes humains fossiles les plus anciens connus à ce jour aux Philippines ;
- la mise au jour de nouvelles séquences stratigraphiques témoignant de l’occupation humaine dans la grotte de Tabon et les autres grottes voisines du karst de la Lipuun Point au cours du Pléistocène supérieur et de l’Holocène ;
- la mise en valeur par la recherche d’un ensemble de sites reconnu nationalement et internationalement pour la richesse de son patrimoine archéologique et préhistorique (Palawan est classé depuis 1991 au Man and the Biosphere Programme de l’UNESCO et le Tabon cave museum reservation est classé en zone protégée depuis 1982).

Premières campagnes de fouilles et prospection du karst

La première campagne de fouilles systématiques (mars 2007) a permis de dresser la cartographie détaillée du site. Cette étape était indispensable afin de reprendre de façon rigoureuse les travaux sur un remplissage très affecté par plusieurs fouilles successives. L’étude conjointe (toujours en cours) de la topographie du site et des documents d’archives a permis de re-localiser spatialement et stratigraphiquement une bonne partie des collections « historiques ».

Une étude systématique des coupes stratigraphiques préservées des anciennes campagnes a été entreprise. Des fouilles systématiques ont été engagées sur les zones vierges de la grotte (4 carrés de 4 m2) afin d’obtenir de nouveaux enregistrements contrôlés, autorisant une évaluation rigoureuse et croisée des niveaux archéologiques. Nous avons pu identifier, dans des zones préservées du remplissage, les niveaux culturels 1 et 2 décrits par Fox.

Des charbons ont été prélevés dans le niveau 2 afin de vérifier les datations 14C effectuées dans les années 1960 (20 à 22 000 ans BP). Les niveaux culturels plus anciens n’ont pas pu être retrouvés en place. Il est ainsi apparu que dans certaines zones, et en particulier celles indiquées dans la monographie publiée en 1970, le remplissage était marqué par des remaniements sédimentaires, anciens pour les uns, mais visiblement beaucoup plus récents pour les autres. La question de l’âge des premières occupations humaines dans la grotte de Tabon (et les grottes voisines) reste pour l’instant ouverte.

La prospection et la cartographie des vallées fluviales et des affleurements rocheux de la zone environnante ont été engagées dans le but de localiser les gisements de matières premières exploités par les groupes préhistoriques. Les premiers résultats indiquent que les lieux d’approvisionnements potentiels sont soit les lits des rivières situés à une dizaine de kilomètres des grottes, soit des gîtes primaires situés à des distances plus importantes. Cette approche est poursuivie afin d’identifier les lieux d’approvisionnement et ainsi mieux définir la mobilité des groupes : par la taille expérimentale sur galets, nodules et blocs de matières premières et par des analyses pétrologiques / minéralogiques.

Les travaux effectués aux Philippines, supportés par la National Geographic Society, entrent dans le cadre du projet HOPsea, du programme ASEM-DUO et de l’Action 3 d’Erasmus Mundus (consortium européen Quaternary and Prehistory et Archaeological Studies Program de l’University of the Philippines Diliman). Les recherches de terrain sont complétées par l’organisation de cours et de séminaires universitaires et le co-encadrement d’étudiants de Master, notamment dans leurs travaux d’initiations aux techniques de fouille et de laboratoire, et leurs travaux de recherche au National Museum of the Philippines et à l’University of the Philippines Diliman.

Références

Articles et ouvrages

Détroit, F. ; Dizon, E. ; Falguères, C. ; Hameau, S. ; Ronquillo, W. & Sémah, F. (2004) Upper Pleistocene Homo sapiens from the Tabon cave (Palawan, The Philippines) : descriptions and dating of new discoveries. Comptes Rendus Palevol, 3 : 705-712. (http://dx.doi.org/10.1016/j.crpv.2004.06.004)

Dizon, E., Détroit, F., Sémah, F., Falguères, C., Hameau, S., Ronquillo, W. & Cabanis, E. (2002) Notes on the morphology and age of the Tabon Cave fossil Homo sapiens. Current Anthropology, 43 (4) : 660-666. (http://dx.doi.org/10.1086/342432)

Fox, R. (1970) The Tabon Caves. Monograph of the National Museum, Manila. 197 p.

Thèses de doctorat (voir les thèses de doctorat sur hopsea.mnhn.fr)

Mémoires de Master (voir les mémoires de master sur hopsea.mnhn.fr)

Partenaires institutionnels et programmes

National Museum of the Philippines

Archaeological Studies Program – University of the Philippines Diliman

Programme HOPsea

Erasmus Mundus Master in Quaternary and Prehistory

National Geographic Society